Troisième et dernière phase des élections municipales Saoudiennes

Ces élections, qui avaient débuté à Ryad et dans sa région le 10 février et s’étaient poursuivies le 3 mars dans l’Est et le Sud du pays, entrent dans le cadre d’un prudent processus de réforme lancé par le régime saoudien à la suite des attentats anti-américains du 11 septembre 2001.

Elles doivent permettre d’élire la moitié des membres de 178 conseils municipaux dans l’ensemble du pays, l’autre moitié devant être désignée par le pouvoir.

Mais certains Saoudiens estiment que leur gouvernement a cédé aux pressions des Etats-Unis, qui préconisent une démocratisation des pays du Moyen-Orient pour neutraliser le réseau terroriste Al-Qaëda, dont le fondateur et chef suprême, Oussama ben Laden, est d’origine saoudienne.

"Je suis venu voter pour des candidats ayant une orientation islamique, et je veux que ce message soit reçu aux Etats-Unis et dans tout l’Occident", a ainsi lancé un homme d’affaires, Aref al-Ghamdi, après avoir voté près de l’aéroport de Djeddah, la capitale commerciale du pays, sur la mer Rouge, dans un bâtiment de la municipalité transformé en bureau de vote.

"Il y a des pressions extérieures pour introduire des réformes. Tout cela prépare une américanisation" du pays, a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il avait voté pour six des sept candidats islamistes appartenant de manière informelle à une "liste en or" qui a reçu le soutien de très influents oulémas, ainsi que pour un septième candidat, lui aussi islamiste.

Les sept candidats islamistes figurant sur cette "liste en or" avaient remporté une première victoire mercredi lorsque les experts chargés de statuer sur les plaintes pour irrégularités dans la campagne avaient rejeté les demandes de disqualification à leur encontre de la part de certains de leurs rivaux, qui les accusaient d’avoir enfreint les règles en formant une liste.

Un autre électeur, Saleh Abdoul Razzak, un enseignant de 37 ans, était toutefois d’un avis contraire et estimait que ces élections municipales n’auraient aucun sens si elles n’étaient pas suivies par d’autres réformes.

"Nous avons besoin d’avoir des syndicats professionnels élus, d’enseignants et de médecins par exemple", a-t-il déclaré à l’AFP. "Nous avons aussi besoin de pouvoir manifester pacifiquement", a-t-il poursuivi. Tout rassemblement public est strictement interdit en Arabie saoudite.

Il a aussi souhaité que le Majlis al-Choura, un organisme consultatif dont les membres viennent d’être renouvelés par le roi pour un mandat de quatre ans, soient désormais élus au suffrage universel direct.

Les femmes, qui n’ont pas obtenu le droit de participer à ce scrutin, étaient invisibles jeudi dans les rues de Djeddah.

Les 258 bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00 locales (05h00 GMT), devaient fermer leurs portes à 17h00 locales (14h00 GMT). Sept cents observateurs locaux veillent à la régularité du scrutin.

Au total, 244 sièges sont à pourvoir lors de cette dernière étape, qui concerne Djeddah, Takf et les villes saintes de La Mecque et Médine, dans l’ouest, ainsi que les provinces d’Al-Qassim, Haël, Tabouk et Al-Jawf et la région frontalière dans le nord.

Plus de 4.600 candidats sollicitent les voix des quelque 333.000 Saoudiens âgés d’au moins 21 ans qui se sont inscrits sur les listes électorales, selon des statistiques officielles.

Environ 83.000 hommes se sont inscrits dans la province de Djeddah, dont 55.000 à 57.000 dans la ville elle-même, soit environ 20% des électeurs potentiels.

À Djeddah, les électeurs doivent choisir sept conseillers, un dans chacune des circonscriptions de la ville, parmi quelque 500 candidats.

Lydia Georgi
AFP

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