Tulkarem réoccupée par l’armée israélienne

Cette réoccupation a poussé l’Autorité palestinienne à demander une réunion urgente du conseil de Sécurité de l’ONU pour « stopper» l’agression israélienne dangereuse». Intensifiant ses représailles après un sanglant attentat la semaine dernière, l’armée israélienne a réoccupé Tulkarem au cours d’une opération de grande envergure qui, outre la mort du jeune palestinien, a fait neuf blessés, l’un d’entre eux, touché à la tête, étant « cliniquement mort », selon des sources hospitalières palestiniennes.
Il s’agit, selon toute vraisemblance, du premier cas de réoccupation totale d’une ville autonome palestinienne depuis le début de l’Intifada, il y a quelque seize mois. Les soldats de l’armée d’occupation ont investi à plusieurs reprises des localités palestiniennes, notamment en octobre après l’assassinat du ministre israélien du tourisme Rehavam Zeevi, mais sans les occuper totalement. La réoccupation a commencé dans la nuit lorsque plus d’une dizaine de chars israéliens se sont déployés dans la ville, tandis que des soldats pénétraient dans plusieurs bâtiments et que la ville était placée sous couvre feu. De sources militaires israéliennes, on indique qu’au cours de cette opération, une vingtaine de Palestiniens ont également été arrêtés par l’armée, qui est arrivée avec une liste de noms et d’adresses, dont trois responsables « importants » du mouvement islamiste Hamas à Tulkarem.
La radio militaire israélienne a précisé qu’un premier groupe de prisonniers a été transféré en territoire israélien pour y être interrogés, a précisé la radio militaire israélienne. Selon le colonel Yaïr Golan, l’un des chefs de la force d’occupation sur le terrain, cette opération « pourrait durer plusieurs jours ». Ephraïm Sneh, le ministre israélien des Transports, a, pour sa part, affirmé à la radio militaire que l’opération « vise à s’attaquer aux infrastructures terroristes dans le nord de la Cisjordanie et sera limitée dans le temps». Il est permis d’en douter. L’ampleur de l’opération et des effectifs utilisés laissant présager un séjour prolongé.
D’autre part, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, avait affirmé dimanche que la situation entre Israël et les Palestiniens était « très dangereuse » et exprimé le souhait que son émissaire spécial pour le Proche-Orient, le général Anthony Zinni, puisse revenir rapidement dans la région, « lorsque les conditions le permettront ». En attendant, les Palestiniens continuent de tomber sous les balles israéliennes. Depuis le 28 septembre 2000, quelque 878 d’entre eux ont payé de leur vie leur résistance à l’occupation.

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