Tunisie : Leçons d’un recensement

Tunisie : Leçons d’un recensement

Les conditions de vie des ménages tunisiens se sont nettement améliorées durant les dix dernières années. C’est ce qui ressort du Recensement général de la population et de l’habitat pour l’année 2004 réalisé par le gouvernement tunisien en avril dernier et dont les résultats ont été rendu publics, le 30 novembre. Selon ces résultats, le nombre de la population en Tunisie a atteint 9.910.872 habitants en 2004; ce qui signifie une augmentation de1.125.238 habitants par rapport au nombre enregistré, en avril 1994, date de la dernière opération de recensement.
Cette augmentation révèle, toutefois, une nette baisse du taux de croissance démographique en Tunisie qui s’est réduit presque de moitié puisqu’il est passé de 2.35 % en 1994 à 1,21 % en 2004.
Le ministre tunisien du Développement et de la Coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini, qui a annoncé les résultats du recensement lors d’une conférence de presse à Tunis a précisé, par ailleurs, que l’espérance de vie a nettement progressé atteignant aujourd’hui 73 ans en moyenne.
Selon les résultats du recensement, les hommes représentent 50,1 % de la population. Le nombre des ménages est passé de 1,7 million à près de 2,2 millions. Le nombre moyen des membres de la famille tunisienne est de 4,5 personnes alors qu’il était de 5,2 en 1994. Une donne qui révèle, selon le ministre tunisien, que la structure démographique tunisienne se rapproche de plus en plus de celle des pays européens.
Pour ce qui est de la répartition de la population par les différentes tranches d’âge, le recensement a révélé que 64 % de la population se situe dans la tranche d’âge de 15 à 59 ans, tandis que la proportion des personnes âgées de 5 à 14 ans s’est rétrécie pour passer de 23,8 % en 1994 à 18,6 % en 2004. Un résultat qui s’explique d’ailleurs par la baisse du taux de croissance.
Sur le plan de la répartition géographique, la révélation la plus importante du recensement a été celle de la concentration de la majorité de la population dans les zones urbaines. Ainsi, 64,9 % des Tunisiens vivent en milieu urbain. Un phénomène qui s’explique notamment par l’exode vers les grandes villes, dû essentiellement à l’existence de plus d’opportunités d’emploi dans les agglomérations urbaines.
D’ailleurs, le recensement a révélé une donnée très importante, à savoir que la capitale Tunis compte à elle seule plus de 20 % de la population tunisienne, alors que sa superficie ne représente que 2 % de l’ensemble du territoire.
L’un des résultats affichés avec satisfaction par le gouvernement tunisien est celui de la réduction du taux d’analphabétisme. Selon les chiffres du recensement, le taux des analphabètes a été ramené en dix ans (de 1994 à 2004) de 31,7 % à 22 % de la population, soit une réduction de presque 10 %. Autre chiffre marquant : plus de 67 % des Tunisiens ont un niveau d’enseignement primaire et secondaire et près de 8 % ont atteint le niveau de l’enseignement supérieur. Ces chiffres montrent que la Tunisie est en train d’évoluer vers une société moderne qui atteindrait dans la prochaine décennie un taux d’alphabétisation proche des 100 %. Ce niveau atteint par les indicateurs en matière d’enseignement et d’éducation ont eu certainement une incidence directe sur les résultats obtenus en matière d’emploi. Selon les résultats du recensement général, la population active a atteint en 2004 plus de 3,3 millions d’habitants, dont 26,6 % de femmes et dont près de 13 % sont des diplômés de l’enseignement supérieur et 72 % ont un niveau primaire ou secondaire. Aussi, pour la première fois depuis dix ans, le taux de chômage est descendu sous le seuil des 14 %, soit 13,9 contre 15,6 % en 1994. Cette baisse du taux de chômage serait le résultat de la croissance économique continue que la Tunisie a enregistrée durant les dix dernières années et qui a permis la création de plusieurs milliers de postes d’emploi, à caractère stable notamment dans les milieux urbains et ce notamment dans les secteurs du tourisme et de l’industrie. Résultat direct de la baisse du taux de chômage : l’amélioration du niveau de vie des Tunisiens qui ont de plus en plus accès à de meilleures conditions de vie.
Ainsi, en 2004, le taux de raccordement au réseau de l’eau potable des ménages tunisiens a atteint l’excellent chiffre de 83,4 %. Pour le réseau électrique, le résultat est encore meilleur puisque 98,9 % des ménages tunisiens sont raccordés au réseau électrique.
Pour ce qui est du logement, le recensement a révélé une nette amélioration de l‘habitat insalubre et une augmentation de l’accès au logement, notamment dans les milieux urbains. Ainsi, le logement rudimentaire a baissé de 2,7 % en 1994 à 0,8 % en 2004. Une baisse qui ne peut être que saluée, étant donné qu’il s’agit de l’un des indicateurs de développement les plus importants en ce qui concerne l’établissement du degré d’évolution socio-économique des pays en voie de développement.
Le recensement s’est aussi penché sur d’autres indicateurs de la qualité de vie des citoyens. Les résultats ont ainsi révélé que 21 % des ménages tunisiens disposent d’une voiture ou plus. Dans le même cadre, les chiffres indiquent que 90 % des foyers tunisiens ont un téléviseur et que presque 82 % ont un réfrigérateur, alors que 35,5 % disposent d’une machine à laver. S’agissant de la téléphonie, les statistiques indiquent que 34,5 % des ménages tunisiens disposent d’un téléphone fixe et que 46,3 % des citoyens ont un téléphone mobile.
Ainsi, le recensement général de la population et de l’habitat en Tunisie révèle que les indicateurs socio-économiques de la société tunisienne montrent que le pays est en profonde mutation et qu’il s’achemine avec assurance vers la modernité.

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