U.A : Rendez-vous dans six mois

Le sommet auquel ont assisté la presque totalité des chefs d’Etat membres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), qui aura vécu 39 ans, a décidé la tenue dans six mois d’un sommet extraordinaire pour parachever la mise en place des structures de l’union et examiner les amendements à apporter à l’acte constitutif.
Aucune indication n’a été donnée sur le pays hôte de ce sommet mais plusieurs délégués et observateurs à Durban estiment que Tripoli, à l’origine de la proposition, abritera la prochaine rencontre panafricaine. Chose qui est perçue comme un succès pour le chef de l’Etat libyen, Mouammar Kadhafi, artisan de l’union. Les amendements à apporter à l’acte constitutif de l’UA, dont la plupart sont soumis d’ailleurs par la Libye, seront au centre de ce sommet extraordinaire qui interviendra ainsi six mois avant le deuxième sommet ordinaire de la nouvelle Union, prévu à Maputo au Mozambique.
Au terme du premier sommet de l’UA, les chefs d’Etat ont décidé d’instituer une période intérimaire d’un an à l’issue de laquelle se tiendra la deuxième session ordinaire de la conférence de l’union pour désigner le président et le vice-président de la commission, les huit commissaires devant être désignés par le Conseil exécutif (ministres). Le secrétaire général de la défunte OUA, qui a cédé la place à l’Union, Amara Essy, est désigné président par intérim de la commission tandis que les secrétaires généraux adjoints et le personnel du secrétariat général feront office de commissaires intérimaires.
Il faut relever, toutefois, que l’UA n’est pas accueillie sans méfiance par ceux qui craignent que la nouvelle organisation panafricaine ne soit pas plus efficace que l’OUA, d’autant plus que ses 53 pays membres restent les mêmes. Malgré son rôle dans la décolonisation, l’OUA était devenue au fil des ans le symbole de la corruption et des dysfonctionnements du continent noir. Contrairement à l’OUA, finalement considérée comme un club pour dictateurs et une instance bureaucratique, l’Union africaine se veut efficace et démocratique, fondée sur les droits de l’Homme, le progrès économique et la paix. Inspirée notamment de l’Union européenne, l’UA sera dotée d’un Parlement, d’une banque centrale, d’un conseil de sécurité de 15 membres qui tourneront et d’une force de maintien de la paix destinée à gérer les conflits en Afrique. L’Union s’appuiera aussi sur le Nouveau partenariat pour le développement africain (NEPAD), destiné à attirer des investissements internationaux en échange d’engagements démocratiques et économiques.
L’adhésion au NEPAD sera toutefois soumise au respect de critères minimums et chaque pays membre sera policée ses pairs selon un mécanisme de contrôle mutuel. A propos du NEPAD, les dirigeants africains ont adopté le rapport intérimaire et le plan d’action présentés par le président nigérian Olusegun Obasanjo. Ils ont décidé aussi de porter à vingt (quatre par région), au lieu de quinze actuellement, le nombre des membres du comité de mise en oeuvre du NEPAD. Cela étant dit, une fois dissipées dans la nuit de Durban les dernières notes de l’hymne de la nouvelle UA, les questions demeurent sur ses véritables chances de changement sur un continent déchiré par les conflits et laminé par la misère.
Certes, sur le papier des déclarations finales de l’UA, née le 9 juillet de la fin de l’OUA, les intentions sont généreuses : bonne gouvernance, droits de l’homme et droit humanitaire, élections démocratiques et intervention dans les conflits. Mais on constate d’ores et déjà la persistance des vieux démons, notamment algériens. Alger n’a pas raté l’occasion de peser de tout son poids pour que le chef des séparatistes puisse prendre la parole au nom de l’Afrique du Nord (!). On peut regretter que le Maroc ait raté une belle occasion de rétablir la légalité et le droit…

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