Un grand jus d’Ukraine

Un grand jus d’Ukraine

Malgré les efforts des médiateurs étrangers, venus à Kiev pour la troisième fois en douze jours, les négociations entre l’opposition et le pouvoir se sont terminées sur un nouveau constat d’échec global dans la nuit de lundi à mardi, après plus de six heures de discussions ardues.
« Quand les parties ne trouvent pas de consensus, elles font une déclaration à la presse. C’est moi qui en suis chargé », a alors déclaré le président sortant Léonid Koutchma, particulièrement sombre, entouré notamment des présidents lituanien Valdas Adamkus et polonais Aleksander Kwasniewski, du Haut représentant pour la Politique étrangère de l’Union européenne Javier Solana, et du président de la Douma russe (chambre basse du Parlement) Boris Gryzlov.
Seul un point d’accord relativement minime a été trouvé : Léonid Koutchma a accepté de dissoudre la Commission électorale centrale, accusée par l’opposition d’avoir contribué aux fraudes massives du scrutin du 21 novembre.
Il devait adresser, mardi au Parlement, ses nouvelles propositions de candidatures. L’assemblée devait également discuter d’éventuels amendements à la loi électorale pour réduire les risques de fraudes lors du vote prévu le 26 décembre.
La séance a été ouverte vers 13h00 (11h00 GMT), mais très vite une pause a été annoncée alors que M. Koutchma rencontrait les leaders des groupes parlementaires et le président de l’assemblée Volodymyr Litvine. Le président sortant a espéré que cette rencontre permettrait de « prendre une décision pour arrêter la crise politique, qui a déjà atteint une telle échelle qu’elle influe considérablement sur l’économie ». Dans un communiqué, M. Koutchma a tenu l’opposition responsable de l’échec de la dernière table ronde, accusant la coalition «Notre Ukraine» d’avoir avancé une « exigence supplémentaire de destituer le gouvernement ».
Les vrais points de divergence demeurent. Le président ukrainien a échoué à convaincre l’opposant Viktor Iouchtchenko, grand favori du prochain scrutin, de voter le projet de réforme constitutionnelle qu’il défend depuis plus d’un an et qui prévoit de restreindre les pouvoirs du président au bénéfice du Parlement. M. Koutchma a de son côté refusé de démettre le gouvernement de Viktor Ianoukovitch, vainqueur déchu de l’élection du 21 novembre invalidée par la Cour suprême.
« La paix politique avant les élections est essentielle », estimait mardi le politologue Andriï Ermolaev. « Sinon, tout peut dégénérer après le vote, avec un risque de séparatisme, voire de guerre civile ». « Le prochain vainqueur de l’élection, quel qu’il soit, ne pourra être un leader national que s’il existe une paix politique dans le pays », ajoute-t-il. Mais aussi bien dans le camp du pouvoir que dans celui de l’opposition, les avis sur la stratégie à suivre sont partagés.

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