Un nouveau petit Sommet entre Palestiniens et Israéliens

Bien que la tempête de neige ait failli provoquer un report de quelques heures de leur rencontre, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas se sont finalement retrouvés, le mardi 19 février au soir, à la résidence privée du Premier ministre israélien pour un sommet très attendu.
Depuis leur dernière entrevue, le 27 janvier, de nombreuses voix, en Israël et chez les Palestiniens, s’étaient élevées pour déplorer l’absence de progrès sensibles dans les pourparlers bilatéraux entamés depuis la tenue de la Conférence de paix d’Annapolis.
Lors de son séjour aux Etats Unis, le Premier ministre palestinien Salem Fayyed avait ainsi mis en doute la possibilité de parvenir à la conclusion d’un accord avant le départ, en janvier 2009, de George Bush de la Maison-Blanche. Du côté israélien, l’on observait un scepticisme prudent par crainte que l’annonce de progrès ne provoque le déclenchement d’une crise politique intérieure. En effet, l ‘un des partis de la coalition gouvernementale, le Shass, a menacé de démissionner si la question de Jérusalem était abordée lors des rencontres entre les équipes dirigées par Tsippi Livni et Ahmed Qoreï.
Or, aucun progrès sérieux ne peut être obtenu sans que ce dossier ne soit évoqué même si Ehoud Olmert affirme avoir obtenu des Etats Unis leur accord pour que le futur statut de Jérusalem soit discuté uniquement lors de la phase finale des négociations. Soucieuse de ne pas nuire à la stabilité du gouvernement israélien, l’Autorité palestinienne a adopté une attitude prudente, affirmant ainsi que «les deux parties discutaient de tous les dossiers» sans toutefois mentionner spécifiquement celui de Jérusalem.
Cette modération s’est révélée payante puisqu’en retour, le Premier ministre israélien, démentant les intentions qui lui étaient prêtées, s’est engagé à intensifier les négociations. Celles-ci se dérouleront désormais de manière quotidienne et Ehoud Olmert rencontrera dans quinze jours, à son retour du Japon, Abou Mazen pour faire le point avec lui des progrès qui auront été accomplis.
Il s’agit de progrès que chaque partie aura à cœur d’annoncer d’autant plus que le futur sommet israélo-palestinien coïncidera avec le retour dans la région de Condoleeza Rice, la Secrétaire d’Etat américaine, bien décidée à ce que les promesses faites à Annapolis soient traduites en actes. Le Département d’Etat est d’autant plus intéressé à des progrès que la situation demeure très tendue à la frontière entre Gaza et Israël et que chacun redoute les conséquences que pourraient avoir les représailles promises par le Hezbollah libanais pour venger la mort de son Secrétaire général adjoint, Imad Mougniyeh.
Ces progrès viendraient conforter la position de Mahmoud Abbas confronté à une contestation grandissante au sein de son propre camp. C’est ainsi que l’un des négociateurs palestiniens, Yasser Abed Rabbo a déclaré : «Si on ne va pas vers un gel des activités de colonisation, si l’on ne va pas vers des négociations sérieuses et suivies, nous devrions imiter le Kosovo et proclamer unilatéralement notre indépendance».
Reste que Mahmoud Abbas a, dans les circonstances présentes, enregistré un appui de taille avec le refus opposé par les Egyptiens au Hamas d’une réouverture de la frontière entre Gaza et l’Egypte tant qu’Israël n’aurait pas préalablement donné son accord à une telle décision dont l’exécution devrait être confiée à la seule Autorité palestinienne. Celle-ci sera assistée, éventuellement, par des observateurs européens. Une manière habile pour Le Caire de rappeler son rôle régional et sa volonté d’influer, avec la Jordanie, sur le processus de paix.

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