Un texte sur la situation à Gaza enterré au Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renoncé mardi, au bout d’une semaine de discussions, à adopter une déclaration sur la situation à Gaza, après l’échec d’une tentative libyenne de trouver un compromis.
Dès le début, Israël, qui bénéficie, au Conseil, du soutien des Etats-Unis, avait exprimé ses réserves sur l’utilité d’un tel texte.
«Malheureusement, le Conseil de sécurité a décidé d’arrêter les discussions» sur ce texte, a déclaré à la presse l’ambassadeur de Libye, Giadalla Ettalhi, président du Conseil en janvier. Selon lui, les quinze membres se sont rendu compte «qu’ils ne pouvaient parvenir à un consensus», au bout de longues négociations sur un projet de texte concernant la situation humanitaire et sécuritaire dans la bande de Gaza après le blocus décidé par Israël. Il a imputé cet échec aux Etats-Unis qu’il a accusés d’avoir rejeté des amendements présentés par la Libye au nom des représentants des pays arabes. Pour être adopté, le projet de texte, quoique non contraignant, exigeait l’unanimité des quinze membres du Conseil.
«Nous regrettons que le Conseil n’ait pas pu adopter une déclaration à la fois sur la situation humanitaire à Gaza et sur la situation sécuritaire à Gaza et dans le sud d’Israël», a déclaré l’ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert. Vendredi, 14 membres du Conseil s’étaient entendus sur un texte visant à appeler à la fin du blocus de la bande de Gaza imposé par Israël et à l’arrêt des tirs de roquettes contre l’Etat hébreu.
Mais M. Ettalhi avait alors indiqué avoir besoin de temps pour pouvoir consulter son gouvernement.
Le représentant américain adjoint, Alejandro Wolff, a déclaré mardi que plusieurs ambassadeurs, dont lui-même, ne pouvaient approuver certains des amendements réclamés par la Libye.
Les Etats-Unis, alliés d’Israël qui n’est pas membre du Conseil de sécurité, estiment que le blocus de Gaza relève de l’autodéfense face aux tirs de roquettes en provenance du territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas.
La semaine dernière, l’ambassadeur israélien à l’ONU, Dan Gillerman, avait estimé que le Conseil «perdait son temps» dans un débat «futile» qui ne servirait qu’à «récompenser le Hamas».
Le blocus israélien a suscité de nombreuses condamnations à travers le monde, plusieurs pays l’assimilant à une «punition collective» des quelque 1,5 million de résidents en représailles aux tirs de roquettes contre Israël en provenance de la bande de Gaza.
«Il est très dommage que le Conseil de sécurité n’ait pas été en mesure de produire une simple déclaration», a déploré l’observateur permanent de la Palestine à l’ONU, Ryad Mansour.
Il a indiqué que les ambassadeurs arabes, qui ont accusé les Etats-Unis d’avoir politisé ce qu’ils considèrent essentiellement comme une question humanitaire, allaient évaluer la situation avant de décider que faire. La semaine dernière, les ambassadeurs arabes avaient averti que si Washington empêchait l’adoption de la déclaration, ils pourraient la soumettre de nouveau, cette fois sous forme de résolution, ou porter le débat devant l’Assemblée générale de l’ONU où ils estiment pouvoir s’assurer d’un large soutien.

• Hervé Couturier (AFP)

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