Une année de moins de quatre mois

Pour de multiples raisons, le régime Taliban dérangeait. Le prétexte –un peu cher payé – des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone allait donner une nouvelle dimension à la lutte contre le terrorisme.
Une guerre qui allait faire son lot de victimes innocentes, malgré la présence des bombes « intelligentes ». Une démarche qui allait également servir les sombres desseins d’Israël et d’Ariel Sharon. Car, profitant de ce que le monde avait les yeux braqués sur l’Afghanistan, Oussama Ben Laden et le réseau Al-Qaïda, Tel-Aviv a mis en branle toute la puissance de sa technologie militaire pour venir à bout de la résistance palestinienne. Des morts réduits à une simple comptabilité quotidienne. Plus de mille Palestiniens sont morts depuis le 28 septembre 2000, date du déclenchement de l’Intifada. La tentation de l’amalgame était trop forte et les Israéliens n’ont pas pu y résister. Quelques heures après l’attentat, les chaînes de télévision diffusaient des images montrant des Palestiniens heureux de l’action des terroristes à New York et à Washington. Montré en boucle dans le monde entier, le reportage accréditait l’idée que les Palestiniens, approuvaient ces attaques. Des images « vraies », sauf qu’elles dataient de… la guerre du Golfe. Le consulat américain à Al-Qods avait reçu des milliers de lettres et de fax de condoléances d’individus et d’organisations palestiniennes. Les gens y exprimaient leur peine et leur tristesse. Ils étaient outragés et furieux contre les attaques. » Mais là, il n’y avait personne pour filmer… En engageant sa lutte contre ce qu’elle appelle le « terrorisme » en Afghanistan, Washington a mis le doigt dans un périlleux engrenage. Car dans la sous-région, les conflits s’entrecroisent et s’emmêlent. Israël-Palestine, Kurdistan, Irak, Cachemire, Tchétchénie, Tadjikistan, toutes ces poudrières risquent de s’embraser pour plusieurs raisons, et notamment une raison dénommée « pétrole ». Et pour atteindre leurs objectifs, les Etats-Unis n’ont pas un seul instant hésité à nouer des alliances avec des dirigeants hier encore taxés de peu recommandables. Des valeurs hier encore qualifiées de « fondamentales » quittent la scène politique tandis que des Etats démocratiques sombrent, du point de vue du droit, dans une régression.
L’Europe, quant à elle, suit. On a ainsi vu Washington « bricoler » plusieurs lois afin de pouvoir garder à vue indéfiniment des personnes en garde-à-vue, sans même l’assistance d’un avocat. Sous le simple prétexte qu’elles étaient originaires du Proche-Orient. Cela, sans oublier les fameux tribunaux militaires de George W. Bush, qui sont un véritable défi au système judiciaire américain. Vues sous cet angle, on peut affirmer que les nouvelles relations internationales sont nées il y a moins de quatre mois : le 11 septembre 2001.

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