Une autre déconvenue pour les USA

Le vote des députés turcs, refusant aux Etats-Unis le déploiement en Turquie de leurs troupes, a couronné une série de déconvenues pour l’Administration Bush.
La politique américaine au Proche-Orient notamment a été condamnée au Sommet arabe de Charm El-Cheikh. Les options américaines n’ont guère reçu le meilleur accueil à la conférence de l’opposition irakienne. Cette dernière refuse la mise en place à Baghdad d’une Administration militaire américaine et dénigre tout rôle à la Turquie après la guerre programmée contre Saddam Hussein.
À l’opposé, les pacifistes ont vu leur camp se renforcer après la destruction par l’Irak de plusieurs missiles As-Soumoud 2, comme le lui demandait la Commission de Contrôle, de Vérification et d’Inspection des Nations Unies (COCOVINU), présidée par Hans Blix.
Le vote du Parlement d’Ankara, parallèlement aux manifestations de rues de milliers de Turcs, a constitué un véritable coup de théâtre. Les parlementaires turcs ont rejeté la motion du gouvernement qui demandait le feu vert pour le déploiement de quelque 60.000 soldats américains pour attaquer l’Irak à partir d’un front nord. L’obstruction était inattendue. Hier le gouvernement islamiste au pouvoir à Ankara se demandait s’il fallait convoquer une nouvelle réunion du Parlement sur une motion identique à la première refusée.
À la conférence des factions de l’opposition irakienne, le leader kurde Massoud Barazani, a averti l’Administration Bush que son Mouvement «se soulèverait» si l’armée turque envahissait le Nord de l’Irak dans le sillage de l’invasion et de l’occupation américaines.
En Irak même, les autorités ont annoncé hier dimanche avoir poursuivi la destruction de nouveaux missiles As-Soumoud 2, prohibés par l’ONU à cause de leur portée qui dépasse le seuil de 150 km autorisés, ainsi qu’une chambre de coulée. Les destructions opérées samedi et dimanche se sont faites sous supervision des inspecteurs de la COCOVINU. Au total, Baghdad posséderait une centaine d’exemplaires de ce type de missiles.
L’initiative de l’Irak a été saluée par Le chef des inspecteurs, Hans Blix comme «élément très important d’un vrai désarmement». Ce n’est pas l’avis du Président George Bush qui a qualifié ces destructions de «jeu de dupes». Londres, Madrid et Rome, se sont empressés de lui emboîter le pas en réagissant eux aussi de façon négative. Un porte-parole de la Maison-Blanche a, par ailleurs, réaffirmé que l’objectif de l’Administration américaine était double: « il faut le désarmement et le changement de régime ». Jusqu’à présent, 225 000 soldats américains sont déployés dans le Golfe, dont 111.000 pour le seul Koweït.

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