«Une bombe à retardement» menace les enfants

La crise humanitaire s’aggrave en Somalie, menaçant de mort des dizaines de milliers d’enfants victimes de l’insécurité, de la faim et de maladies, a averti jeudi le représentant de l’Unicef pour ce pays, Christian Balslev-Olesen. «Si nous ne parvenons pas à répondre aux besoins fondamentaux en matière d’eau potable et d’alimentation, une bombe à retardement explosera bientôt en Somalie», a déclaré le représentant du Fonds des Nations unies pour l’enfance devant la presse à Genève.
L’Unicef demande 10 millions de dollars à la communauté internationale pour pouvoir fournir des vivres et des médicaments dans les toutes prochaines semaines à 90.000 enfants qui dépendent entièrement de compléments alimentaires pour leur survie. «Si nous ne parvenons pas à le faire, ces enfants vont mourir», a averti Balslev-Olesen. «Il y a déjà des enfants qui meurent à la suite de flambées de choléra et nous sommes confrontés à de hauts niveaux de malnutrition qui font que des gens, surtout des enfants, meurent aujourd’hui par manque de nourriture», a-t-il souligné.
L’Unicef souhaite éviter une répétition du «cauchemar » du début des années 1990, lorsque 300.000 personnes avaient succombé en l’espace de trois mois à la crise humanitaire consécutive au début de la guerre civile, a-t-il expliqué.
La situation s’est considérablement détériorée dans le pays l’an dernier avec l’aggravation du conflit entre le gouvernement et les rebelles, qui a vu la moitié de la population de Mogadiscio fuir la capitale.
Deux millions de personnes, soit le quart de la population du pays, dépendent désormais de l’aide internationale, contre 1,5 million il y a un an, a déclaré le responsable onusien.
Les récoltes sont en outre réduites par les inondations de l’an dernier qui ont fait suite à un épisode de sécheresse. L’insécurité complique le travail des organisations internationales comme Médecins sans frontières qui a retiré l’ensemble de son personnel international après le meurtre de trois de ses employés le mois dernier, a rappelé Balslev-Olesen.
Les bureaux de l’ONU à Mogadiscio ont quant à eux été la cible d’une attaque à la grenade.

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