USA-Irak : Le général Petraeus conforte Bush dans sa stratégie

USA-Irak : Le général Petraeus conforte Bush dans sa stratégie

De l’avis général, le choix de la période du 11 septembre pour faire témoigner le général David Petraeus, commandant américain en Irak, et de l’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, devant le Congrès sur le bilan militaire et politique de la récente augmentation des troupes n’est pas fortuit. Ce choix fait partie d’une stratégie manifeste de maintenir, étroit et organique, le lien entre les activités de l’armée militaire en Irak et la guerre internationale contre le terrorisme qui se veut une permanente chasse au réseau Al Qaïda. Il s’agissait de tenter de plomber, auprès de l’opinion, un argument majeur de la mouvance anti-guerre qui consistait à avancer que non seulement la guerre d’Irak empêchait la machine militaire américaine d’obtenir des résultats tangibles dans le démantèlement des réseaux de la terreur mondiale, mais qu’à cause de la présence américaine en Irak, ce pays s’est, par la force des choses, transformé en une gigantesque usine de fabrication et d’exportation des terroristes les plus déterminés.
Il ne s’agit donc pas d’un hasard si, dans la déposition tant attendue du général Petraeus devant le Congrès, les exploits de l’armée américaine contre des groupes et des régions accusés d’avoir fait allégeance à Al Qaïda furent abondamment cités comme des trophées de guerre. Le général Petraeus avait commencé cette fameuse journée sous une terrible pression. Le mouvement anti-guerre MoveOn.org venait de publier une pleine page dans le «New York Times » avec ce titre contenant un jeu de mots ravageur «General Petraeus or General Betray Us?». Il faut dire que le profil fait de professionnalisme avéré et d’honnêteté sans faille et les nombreux autres mérites du général Petraeus avaient été unanimement loués par les républicains et les démocrates. Ce beau consensus avait créé des attentes chez beaucoup de voir le général Petraeus oser dire des vérités sur l’échec américain en Irak. Il fut à plusieurs reprises interrogé par la presse de savoir s’il livrait sa propre analyse ou la vision de la Maison-Blanche. Dans son préambule de président de cette audience, le représentant démocrate du Missouri, Ike Skelton, président de la commission des Forces armées, lui lançait ce compliment assassin : «C ‘est presque certainement l’homme qu’il nous faut en Irak. Mais c’est trois ans trop tard et avec 250.000 hommes de moins qu’il aurait fallu»
Dans sa déposition et au bout d’une interminable et inexplicable panne de micro, le général Petraeus avait résumé son approche par cette phrase : «Les objectifs militaires de l’envoi de renforts sont largement atteints (..). Un retrait prématuré de nos forces aurait probablement des conséquences catastrophiques». La presse américaine avait retenu et souligné sa principale recommandation basée sur le retrait des 30.000 hommes envoyés en renfort en Irak, retrait qui pourrait commencer en début d’année à la mi-décembre, pour s’achever à l’été 2008 ramenant ainsi les contingents américains en Irak à 135.000 alors qu’ils étaient de l’ordre de 168.000.
Avant de débuter sa déposition, le général Petraeus avait été durement crucifié par l’un des plus «virulents porte-flingues» des démocrates au Congrès, Tom Lantos: «L’envoi de renforts militaires en Irak a peut-être créé des succès tactiques. Mais stratégiquement, il a échoué», avant de s’en prendre violemment au Premier ministre irakien Nouri Al Maliki et à son équipe gouvernementale accusée de poursuivre un agenda sectaire qui complique d’avantage la mission des forces américaines en Irak. «D’après ce que nous voyons, le temps qui leur a été accordé a été tout simplement gaspillé».
Pour justifier le maintien des forces américaines en Irak , le duo Petraeus-Crocker invoquait la menace iranienne «Abandonner ou réduire drastiquement nos efforts conduirait à l’échec et il faut que les conséquences d’un tel échec soient claires…Un Irak tombé dans le chaos ou la guerre civile (…) inciterait les Etats voisins à intervenir, tous voyant leur avenir fondamentalement lié à celui de l’Irak (…) Il est évident que l’Iran serait le grand gagnant, et qu’il pourrait consolider son influence sur les ressources, voire le territoire de l’Irak»

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