USA : Les élections tournent au procès

USA : Les élections tournent au procès

En quelques minutes seulement, l’information avait fait le tour du monde : George W. Bush a remporté les élections et a décroché un deuxième mandat à la tête de la présidence des Etats-Unis d’Amérique.
C’était hier vers 5 heures du matin heure locale. L’équipe du président sortant ne pouvant plus attendre que l’autre camp reconnaisse sa défaite, prend l’initiative, en violation de la tradition électorale américaine qui veut que ce soit le perdant qui annonce en premier le résultat officiel des élections, et proclame la victoire de son adversaire.
Alors que le décompte des voix dans l’Etat de l’Ohio était toujours en cours et que le camp du candidat démocrate, John Kerry, ne s’était pas encore prononcé, le secrétaire général de la Maison-Blanche, Andrew Card, a annoncé la victoire républicaine. « Nous sommes convaincus que le président Bush a remporté l’élection », avait-il annoncé avant la fin du décompte des voix dans cet Etat. Pour quelques minutes, cette annonce a permis aux Américains de respirer après une longue nuit électorale pendant laquelle la course était serrée entre les deux candidats, laquelle course qui rappelle celle des élections présidentielles de 2000 lorsque le décompte des voix a duré 36 jours et qui avait nécessité l’intervention de la cour suprême. Mais cela ne durera pas longtemps puisque, une demi-heure après, et devant le refus du camp Kerry à reconnaître la victoire autoproclamée des républicains, le spectre du cauchemar vécu en novembre 2000 commença à planer à nouveau sur la situation.
Ainsi, après avoir annoncé que le président sortant allait s’adresser aux Américains un peu plus tard dans la journée, le camp républicain indiqué que cette déclaration officielle a été retardée pour « laisser au sénateur Kerry, par respect, plus de temps pour réfléchir aux résultats de cette élection ».
« Le président Bush a remporté l’Etat de l’Ohio », a affirmé Andrew Card. Dans cet Etat-clé, Bush possède une avance de 140.000 voix, a-t-il rappelé. Or, le secrétaire d’Etat de l’Ohio a assuré que « cette marge est statistiquement insurmontable » même après le dépouillement des bulletins provisoires, a-t-il expliqué. De son côté, le secrétaire général de la Maison-Blanche a dû faire une nouvelle déclaration à la presse après celle où il avait annoncé la victoire de Bush pour expliquer aux journalistes que le camp républicain était « convaincu que le président Bush a remporté sa réélection avec au moins 286 grands électeurs ». Mais, dans le camp démocrate, on n’abdique pas facilement. « Nous avons attendu quatre ans, on peut bien attendre une nuit de plus… On se battra pour chaque voix », a déclaré à Boston, le candidat démocrate à la vice-présidence, John Edwards. Toutefois, les démocrates ont précisé qu’il ne s’agissait que de compter la totalité des voix, mais pas comme en 2000. La directrice de la campagne de Kerry a indiqué, dans une déclaration à la presse, que « le décompte des voix dans l’Ohio n’est pas terminé ». La situation à l’Ohio augure donc du début d’une nouvelle bataille juridique comme celle vécue à l’Etat de Floride lors des élections précédentes qui avaient opposé George W. Bush au candidat démocrate, Al Gore.
Face à ces développements, les deux camps ont dépêché sur place leurs meilleurs juristes. Ainsi, une équipe de juristes experts dans les questions électorales travaillant pour George W. Bush ont quitté Washington tôt mercredi à bord d’un avion à destination de l’Ohio. Ils devaient y rejoindre plusieurs centaines d’avocats républicains déjà sur place. S’agissant des démocrates, ils avaient déjà des milliers d’avocats dans cet Etat important, mais ils n’ont pas encore envoyé leur élite.
En tout cas, l’écart très réduit entre les deux candidats avec 254 voix de grands électeurs pour Bush contre 252 pour Kerry, indique qu’il est tout à fait logique que le camp démocrate ait insisté pour que l’on attende le décompte total des voix. John Kerry, qui n’a pas renoncé, a promis de se « battre pour tous les votes », a révélé son vice-président, John Edwards. Des experts du droit électoral américain ont par ailleurs indiqué qu’il est envisageable que chaque camp engage des poursuites judiciaires pour se trouver en position de force en cas de comptage des bulletins de vote en attente.
Ainsi, le peuple américain et avec lui la communauté internationale devraient attendre encore au moins une semaine avant de connaître officiellement le gagnant des élections présidentielles. Des présidentielles qui ont été, au niveau international, les plus suivies de l’histoire des élections américaines.

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