Vers le reprise des inspections

L’Irak a accepté la reprise des inspections de l’ONU destinées à vérifier le désarmement irakien et attend dans deux semaines la visite d’une première équipe d’inspecteurs ont annoncé les négociateurs de l’ONU et de l’Irak réunis à Vienne.
Mais les Etats-Unis ont rapidement fait savoir qu’ils s’opposeraient à cette initiative tant qu’une nouvelle résolution des Nations unies ne serait pas votée. «Nous pensons que les inspecteurs ne devraient pas intervenir jusqu’à ce qu’une résolution leur confère l’autorité et les instructions du Conseil de Sécurité», a indiqué le porte-parole du Département d’Etat, lors d’un point de presse.
«Une position aussitôt confirmée par Colin Powell : «les Etats-Unis vont continuer à défendre le principe d’une nouvelle résolution», et s’opposeront à une reprise des inspections tant qu’elle n’aura pas été adoptée par le Conseil de Sécurité. «Washington a d’ailleurs écrit noir sur blanc sa position dans un projet de résolution à l’étude des autres membres du Conseil de Sécurité. Selon ce texte, Bagdad doit fournir avant le début des inspections une déclaration complète sur tous ses programmes de développement d’armes chimiques, biologiques, nucléaires et balistiques. Comme dans de précédents projets, ce texte autorise en outre les Etats membres à «utiliser tous les moyens nécessaires» si l’Irak n’obéit pas à la nouvelle résolution.
Prié de dire ce que les Etats-Unis comptent faire si le Conseil de Sécurité ne se prononce pas suffisamment tôt sur la question, un haut responsable du Département d’Etat a répondu, sous le couvert de l’anonymat, que Washington «contrarierait» le retour des inspecteurs. L’accord de Vienne est intervenu au terme de deux jours de négociations. Il a été rendu possible par un geste de Bagdad, qui a accepté de remettre quatre CD contenant des informations sur des installations nucléaires à double usage : civil et militaire. Ces informations, théoriquement fournies tous les six mois, ne l’avaient plus été depuis 1998. Le chef des inspecteurs de l’ONU, Blix, a estimé qu’il y avait une grande différence entre la volonté de coopération affichée par l’Irak et la situation en 1998. «Il a été dit clairement que l’accès à tous les sites est immédiat, sans condition ni restriction», a expliqué blix, qui a toutefois précisé que les règles spécifiques édictées par le protocole d’accord de 1998 sur l’accès à huit palais présidentiels étaient maintenues.
Le protocole d’accord accepté par le secrétaire général des Nations unies n’interdit pas aux inspecteurs de visiter les sites présidentiels dans leurs recherches d’éventuelles armes de destruction massive, mais assortit leur inspection de règles spécifiques. Blix a dit espérer que cette visite pourrait avoir lieu dès la mi-octobre. Le chef de la délégation irakienne, Amir Al-Saadi, s’est dit satisfait de l’accord. « Nous nous attendons à la venue d’une première équipe d’inspecteurs dans deux semaines », a-t-il ajouté.
Avant de préciser que Bagdad ferait en sorte que les experts aient accès à des sites sensibles tels que les ministères de l’intérieur et de la défense –qui ne sont pas visés par le protocole sur les palais présidentiels– et qu’il simplifierait la procédure d’autorisation en vue de telles visites.
Déjà contraints de déployer d’intenses efforts diplomatiques pour tenter, en vain jusqu’à présent, de convaincre leurs partenaires internationaux de la nécessité d’envisager une guerre contre l’Irak, le président américain George Bush et le premier ministre britannique Tony Blair doivent également composer avec des oppositions internes à la ligne dure qu’ils ont adoptée contre Bagdad.
Pour tenter d’obtenir le soutien des élus démocrates à une offensive militaire en Irak, le Congrès américain a présenté une résolution de compromis qui aurait fait du désarment de Saddam Hussein le seul objectif d’une éventuelle action. Mais Bush a fermement repoussé cette proposition : «je ne veux pas d’une résolution qui me lie les mains», a déclaré le président américain, ajoutant qu’une telle résolution reviendrait à affaiblir le texte adopté en1998 selon lequel la politique américaine à l’égard de l’Irak vise à obtenir «un changement de régime». «Elle ne propose rien pour pousser Saddam Hussein à partir», a-t-il précisé.

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