Vers l’éclatement du gouvernement Sharon

Ariel Sharon était confronté hier à une crise majeure qui risquait de se traduire par l’éclatement de sa coalition gouvernementale. Un vote crucial sur le projet de budget israélien de 2003 a été différé hier de quatre heures dans l’espoir de rallier les Travaillistes aux choix économiques et financiers du premier ministre.
Toutefois, les ultimes tractations ne devaient servir à rien, le leader du parti travailliste, Benyamin Eliezer ayant fait savoir que sa formation se retirerait de la coalition gouvernementale à moins que Sharon ne se plie à l’exigence travailliste de réduire de 145 millions de dollars la dotation allouée aux colonies juives de peuplement dans les territoires autonomes palestiniens. Il semblait peu probable qu’Ariel Sharon accepte la condition travailliste. Bien au contraire, il a même menacé de limoger les ministres travaillistes si les députés de ce parti votaient contre le budget.
Le blocage devrait aboutir à la tenue d’élections législatives anticipées dans les 90 jours. Ariel Sharon est ainsi confronté à la pire crise de ses vingt mois de pouvoir, à un moment où Israël est appelé à prendre des décisions cruciales, dont celles de répondre au nouveau plan de paix américain, soutenu par le quartette, et de se préparer à une deuxième guerre du Golfe en gestation. Alors que la crise économique bat son plein en Israël, le financement de nouvelles colonies est devenu révoltant pour beaucoup d’Israéliens. En effet, les colonies juives dans les territoires palestiniens reçoivent des subventions quatre fois supérieures à celles accordées aux villes pauvres d’Israël. Les aides aux mères célibataires et aux Israéliens démunis doivent être réduites dans le budget soumis à la Knesset, alors que les crédits pour les colonies augmentent dans des proportions incroyables. Le budget contesté est devenu un cheval de bataille pour benyamin Eliezer : « Les colons et le social seront le grand thème des prochaines élections. Benyamin Eliezer l’a bien compris, c’est pourquoi la crise actuelle est sérieuse » prédit un journaliste politique.
Comme pour ironiser, Shimon Pérès ironise en disant de la crise qui secoue l’establishment israélien : «ne relève pas de l’idéologie, mais de l’égologie», en faisant allusion aux manoeuvres politiciennes de tous ceux qui se battent pour rester au gouvernement. Pour les intellectuels israéliens de gauche, les Travaillistes font dans la surenchère car «ils feraient mieux de quitter le gouvernement le jour où ils auront un plan qui différera vraiment de celui du Likoud, un plan qui prévoit un vrai accord avec les Palestiniens et donc, dans la foulée, une amélioration de la situation économique»

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