violences raciales en Australie

violences raciales en Australie

Le phénomène des violences urbaines serait-il en train de se mondialiser ? Après la France, c’est au tour de l’Australie de connaître une série d’émeutes. Bien que les raisons soient différentes, la vitesse avec laquelle les violences avaient éclaté, rappelle un peu ce qui s’est passé à L’Hexagone.
«Lieux et scénarios différents, ampleur différente, mais dans les deux cas, on parle d’émeutes raciales impliquant de jeunes musulmans. Cependant, à Sydney, les jeunes Blancs ne sont pas sages non plus», commente le Sydney Morning Herald.
Tout a commencé à Cronulla Beach à environ 30 kilomètres au sud de Sydney. Cinq mille personnes avaient manifesté contre l’agression, début décembre, de deux sauveteurs bénévoles par des jeunes des banlieues. La manifestation, à laquelle participaient des membres de groupes
néo-nazis et des jeunes éméchés, a rapidement dégénéré, tournant à l’agression d’estivants d’origine arabe.
« Sous l’action de groupuscules d’extrême droite et l’effet de l’alcool, le rassemblement s’est transformé en une chasse à l’homme sur la plage, visant tous ceux qui ressemblaient à des Arabes », rapporte l’AFP.
Ces violences ont ensuite donné lieu à des actions de représailles de bandes de jeunes dans les quartiers de la banlieue de Sydney. Au total, une trentaine de personnes ont été blessées et seize arrêtées.
Entre 30 et 40 véhicules et plusieurs boutiques ont été vandalisés par des casseurs armés de battes de baseball et de barres de fer, ont rapporté les agences de presse.
Dans la banlieue de Brighton-Le-Sands, des groupes de jeunes ont lancé des pierres sur des véhicules de police et de particuliers avant de se disperser à l’arrivée des forces de l’ordre.
À Lakemba, un quartier voisin
à majorité musulmane, près de
500 jeunes, affirmant redouter une attaque, ont établi un barrage près de la mosquée locale après la prière du soir. Ils se sont ensuite dispersés après de brèves échauffourées avec la police.
Face à cette flambée de violences, les députés des Nouvelles-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale, ont été priés d’écourter leur vacances de fin d’année afin de se prononcer sur des pouvoirs étendus accordés aux forces de l’ordre, a indiqué le Premier ministre de l’Etat, Morris Iemma.
Une série de mesures doivent être mises au vote aujourd’hui parmi lesquelles la fermeture des débits de boissons en période de troubles et le bouclage de périmètres spéciaux par la police.
Réagissant mardi à ces nouveaux troubles, le Premier ministre conservateur, John Howard, s’est engagé à lutter contre la «brutalité». «Mon message est très simple : la violence est illégale et ceux qui violent la loi, quels qu’ils soient, seront arrêtés et punis», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse peu avant de quitter l’Australie pour le Sommet de l’Asie de l’Est à Kuala Lumpur.
De son côté, le président de l’Association islamique de l’amitié en Australie, Keysar Trad, a appelé la police à «utiliser toute l’étendue des lois contre ces voyous criminels». «C’est juste un mauvais génie raciste qui s’est échappé et qu’il nous faut remettre dans sa bouteille», a-t-il ajouté. L’Australie compte environ 300.000 musulmans sur un total de 20 millions d’habitants.

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