Washington contre Ahmadinejad

L’élection de Mahmoud Ahmadinejad à la tête du gouvernement n’a guère enchanté personne. Après la condamnation des Etats-Unis et les craintes formées par Israël, la presse s’y met à son tour en dévoilant les pages les plus obscures de son passé.
Le Washington Times a publié des témoignages d’anciens otages de l’ambassade américaine à Téhéran, ayant affirmé que le président élu iranien Mahmoud Ahmadinejad a été l’un des principaux acteurs de la prise d’otages de 444 jours, entre 1979 et 1981. Charles Scott, un colonel à la retraite, ex-otage âgé de 73 ans, a qualifié dans son témoignage le nouveau président iranien de terroriste. Il a déclaré que dès qu’il a vu sa photo dans le journal, il a su que c’était bien l’un des deux ou trois chefs ayant orchestré la prise d’otages.
Ahmadinejad serait une personne dure et cruelle, témoigne Donald Sharer ancien officier de marine à la retraite. «Je sais qu’il était l’un de ceux qui menaient les interrogatoires», a affirmé Sharer qui raconte avoir été interrogé une fois par Ahmadinejad en personne. Selon le Washington Times, les services de Ahmadinejad ont nié qu’il ait participé à la prise de l’ambassade, mais n’ont fait aucun commentaire sur son rôle éventuel tout au long de la crise. Le 4 novembre 1979, les révolutionnaires iraniens avaient pris d’assaut l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran où se trouvaient 90 personnes. 52 d’entre elles étaient restées captives pendant 444 jours, avant d’être libérées le 20 janvier 1981. "Der Standard", un quotidien autrichien a, quant à lui, déclaré que les autorités de Vienne détiennent des documents suggérant que Mahmoud Ahmadinejad a pu jouer un rôle dans l’assassinat du leader kurde Abdul-Rahman Ghassemlou en 1989. Peter Pilz, chef du Parti vert autrichien, a déclaré au journal qu’il souhaitait qu’un mandat d’arrêt soit issu contre Mahmoud Ahmadinejad qui est "fortement soupçonné d’être impliqué" dans le triple meurtre. Ces allégations ont été démenties à Téhéran par un ancien responsable des services secrets iraniens, aujourd’hui conseiller du président sortant Mohammad Khatami.
Selon le quotidien, un commando iranien aurait fait irruption le 13 juillet 1989 dans un appartement de Vienne et tué d’une balle dans la tête Abdul-Rahman Ghassemlou ainsi que deux membres de la délégation kurde. Une quatrième personne avait survécu à cette attaque
Mahmoud Ahmadinejad, qui faisait partie à l’époque de la Garde révolutionnaire iranienne, se serait rendu à Vienne quelques jours avant les meurtres pour livrer les armes aux assassins, affirme Peter Pilz. Il a, par ailleurs, expliqué qu’il tient des informations d’un journaliste iranien qui vit en France et qui aurait été en contact avec l’un des membres du commando.
Vendredi, le quotidien pragois "Pravo" s’est fait l’écho d’allégations similaires. Hossein Jazdan Panah, un membre de l’opposition kurde en exil, a déclaré à ce journal que le président iranien élu "était en charge des opérations coup de poing à l’étranger" au moment du triple assassinat de Vienne.
À Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères a démenti les accusations selon lesquelles Mahmoud Ahmadinejad serait un ancien meurtrier et un ex-preneur d’otages. Il a affirmé qu’ils ne sont que de la "propagande sioniste".
«Nous avons été les témoins avant l’élection de l’attitude négative des groupes sionistes. Après le scrutin, ils ont intensifié leurs attaques», a assuré à l’AFP le porte-parole du ministère Hamis Reza Asefi.
De leur côté, les Américains ont déclaré qu’ils procéderont à la vérification de ces accusations. Le président américain George W. Bush a affirmé jeudi que ces accusations "soulevaient de nombreuses questions". "Je n’ai pas d’information", pour confirmer ou démentir ces accusations, a souligné Bush lors d’un entretien accordé à plusieurs médias.
« Mais son implication soulève de toute évidence de nombreuses questions et quand on sait combien les gens veulent trouver les réponses, je suis sûr que l’on saura », a-t-il ajouté. Auparavant, son porte-parole Scott McClellan avait indiqué que les Etats-Unis comptent bien enquêter afin d’en savoir plus.

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