Washington durcit le ton face à Moscou

Washington durcit le ton face à Moscou

Les Etats-Unis ont durci le ton lundi à l’égard de la Russie, qualifiant d’«inacceptable» le vote du Parlement russe pour une reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, tandis que le président Bush appelait Moscou à tenir ses engagements. « J’appelle les dirigeants de la Russie à être fidèles à leurs engagements de ne pas reconnaître ces régions séparatistes, » a déclaré M. Bush dans un communiqué après que le Parlement russe eut appelé le président Dmitri Medvedev à une reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Le président américain, qui se trouve en vacances dans son ranch du Texas, a insisté sur le fait que «l’intégrité territoriale et les frontières de la Géorgie exigent le même respect que celles de n’importe quel autre pays, y compris la Russie». M. Bush a souligné que le président Medvedev avait signé l’accord de cessez-le-feu présenté par la France au nom de l’UE pour mettre fin au conflit, stipulant que l’avenir des régions séparatistes dépendrait de «discussions internationales» sur leur sécurité et leur stabilité. «Cela représente une approche de ces sujets acceptée au niveau international, qu’une reconnaissance (par la Russie de l’indépendance des républiques séparatistes) mettrait à mal» a-t-il averti. «Les Etats-Unis continueront à soutenir le peuple de Géorgie et sa démocratie, et à soutenir sa souveraineté et son intégrité territoriale», a-t-il assuré. De son côté, «le G7 est uni dans son soutien à l’intégrité territoriale de la Géorgie et alarmé par les informations sur les projets russes de reconnaître l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud», a indiqué un responsable du département d’Etat après une conférence téléphonique réunissant les directeurs politiques du G7 (Grande-Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis). Un peu plus tôt, le département d’Etat avait qualifié d’«inacceptable» le vote à l’unanimité des deux chambres du Parlement russe. Les Etats-Unis se sont aussi alarmés du fait que «la Russie n’honore toujours pas les termes de l’accord de cessez-le-feu» avec la Géorgie en continuant de maintenir «une large présence militaire» dans le pays, selon les mots d’un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman. De ce fait, «nous réexaminons l’ensemble de notre relation avec la Russie, à moyen et long terme», a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Tony Fratto. «Il ne fait aucun doute que la réputation de la Russie a souffert depuis ses actions militaires disproportionnées en Géorgie», a t-il poursuivi. Il a également déclaré qu’il n’était «pas question que la Russie ne tienne pas sa promesse de respecter » l’accord de cessez-le-feu. La Maison-Blanche a annoncé que le vice-président américain Dick Cheney se rendrait la semaine prochaine en Géorgie, au cours d’une tournée qui doit aussi le conduire en Ukraine et en Azerbaïdjan ainsi qu’en Italie. Ce sera le plus haut responsable américain à se rendre dans la région depuis le début du conflit russo-géorgien. «Le président Bush a demandé au vice-président d’aller en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Ukraine et en Italie pour des discussions avec ces partenaires clefs sur nos intérêts réciproques», a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué. La Maison-Blanche a indiqué qu’au cours de ce voyage, qui doit débuter le 2 septembre, il rencontrerait les présidents géorgien Mikheïl Saakachvili, ukrainien Viktor Iouchtchenko et azerbaïdjanais Ilham Aliev. M. Cheney devrait également s’entretenir avec le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et assister à des discussions à Côme, dans le nord de l’Italie. La Géorgie et l’Ukraine, toutes deux ex-républiques soviétiques, cherchent à sortir de la zone d’influence de Moscou et à adhérer à l’Otan, au grand dam de la Russie.

• Olivier Knox (AFP)

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