Washington revoit ses ambitions, l’ISAF s’installe

Les Etats-Unis ont décidé d’arrêter de « pourchasser des ombres », mettant ainsi fin à la longue fouille entreprise dans les grottes de Tora Bora, dans l’est du pays, depuis le 11 décembre dernier. L’opération s’achèvera d’ici deux jours sans avoir fourni aucun indice, notamment, comme espéré par Washington, concernant la localisation d’Oussama Ben Laden. Reste que les combattants d’Al-Qaïda, et leurs principaux dirigeants, ne sont encore pas tous neutralisés.
La lutte américaine contre le terrorisme lancée au lendemain des attentats du 11 septembre, est donc loin d’être achevée. Le général américain Franks a d’ailleurs précisé mercredi que ses forces essayaient d’obtenir dans les jours à venir un ou deux prisonniers, anciens membres des Taliban et d’Al-Qaïda, qualifiés « d’importants ». L’aviation américaine continue aussi de frapper Zawar Kili, près de Khost (Est), où des membres du réseau tentent de se rassembler dans un camp, et où une importante cache d’armes a été découverte.
Les Etats-Unis entendent aussi mettre l’accent sur la reconstruction du pays, en organisant la semaine prochaine à Kaboul une réunion du groupe auto-baptisé «6+2 » comprenant les six pays voisins (Chine, Iran, Pakistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Turkménistan) ainsi que Moscou et Washington. Une question qui s’avère urgente au moment où la crise humanitaire annoncée par plusieurs ONG semble déjà frapper le Nord du pays, notamment la région montagneuse d’Abdullah Gan. Sans compter l’entassement dans les camps de réfugiés des civils déplacés qui y retrouvent des conditions de vie très précaires, à l’image des 300.000 personnes du camp de Maslakh au Nord-Ouest d’Hérat (Ouest).
Progressivement, les contingents de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité (ISAF), qui doit atteindre à terme 4.500 hommes, se déploient quant à eux sur le terrain dans la région de Kaboul. Les unités militaires afghanes se sont d’ailleurs vu signifier deux jours pour évacuer la capitale et permettre à l’ISAF et à la police afghane d’en prendre le contrôle.

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