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Yémen : Explosion d’un pétrolier français

«Le pétrolier a été percuté par une petite barge remplie d’explosifs» au moment où il s’apprêtait à pénétrer dans un terminal de la province de Hadramout, dans le sud-est du Yémen, a expliqué peu de temps après les faits le vice-consul français de Sanaa, Marcel Goncalves, déclarant qu’il s’agissait là d’un attentat». «Une enquête a été diligentée par les autorités compétentes du Yémen afin de déterminer les causes de cette explosion. Dans l’attente des résultats de cette enquête, tout commentaire sur la cause de cet incendie serait prématuré», s’est pour sa part contenté d’indiquer le ministère des affaires étrangères alors qu’une source de Matignon avait indiqué un peu plus tôt qu’un indice «très sérieux» accréditait la thèse de l’attentat.
Aussi prudent que le Quai d’Orsay, l’attaché militaire français au Yémen, M. Vial, a enfin indiqué que l’explosion s’était «produite au moment même où un petit bateau s’était approché du pétrolier, ce qui pourrait indiquer que ce n’est pas une explosion accidentelle». «Mais, a-t-il ajouté, d’autres sources nous disent que c’est une explosion accidentelle».
Cette dernière version est en fait celle du ministre yéménite des Transports et des Affaires maritimes, Saëd Yafai. Par le biais de l’agence officielle Saba, ce dernier a en effet exclu la thèse d’un attentat criminel. «Le sinistre à bord du Limburg a été provoqué par des explosions dans l’un de ses réservoirs, ce qui a déclenché un gros incendie». Cet incident ou acte terroriste a, selon un premier bilan, fait douze blessés parmi les 25 membres d’équipages (dont seize Bulgares et huit Français).
Les douze hommes hospitalisés s’étaient jetés à l’eau au moment de l’explosion et avaient été repêchés par des sauveteurs yéménites. Les 13 autres étaient restés à bord du pétrolier pour combattre le feu avec l’aide des autorités locales, avant d’être à leur tour évacués.
«D’après nos informations, il n’y a pas de victimes», précisait d’ailleurs le Quai d’Orsay. Selon les autorités régionales de Hadramout, l’explosion a eu lieu «lorsqu’un des réservoirs remplis de brut a pris feu, alors que le navire était à 3 milles marins du terminal offshore» , celui d’Al-Dhaba. Si les raisons de ce sinistre réclament effectivement une enquête, la rapidité avec laquelle la thèse de l’attentat a été avancée s’explique par le fait que Sanaa a toujours été accusée de servir de transit et de refuge aux membres d’Al Qaïda. Qualifié de «berceau du clan Ben Laden», le Yémen est le pays d’origine d’une partie de la famille du milliardaire saoudien. Cette république islamique située à l’extrême sud de la péninsule arabique, pressée par Washington dans sa traque des terroristes, détient aujourd’hui 104 suspects.
Parmi eux figureraient 15 personnes soupçonnées d’implication dans le seul attentat contre l’USS Cole, destroyer américain victime d’une attaque au «canot suicide» le 12 octobre 2000 dans le port d’Aden toujours au sud du Yémen. L’approche du deuxième anniversaire de cet attentat meurtrier -17 morts et 38 blessés- revendiqué par Al Qaïda, plane d’ailleurs largement sur le cas du Limburg. Au point que le vice-consul français n’a pas hésité à déclarer qu’il «s’agissait (dimanche) d’un attentat dans le style de l’USS Cole». Le Limburg, appartenant à la firme French Ship Managment et chargé de 397.000 barils de brut, venait du port iranien de Kharj et devait charger 1,5 million de barils de brut yéménite dans un terminal à 30 kilomètres de la ville d’Al-Moukallah.

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