Yémen : La contestation prend une tournure plus violente

Yémen : La contestation prend une tournure plus violente

Un manifestant a été abattu dimanche par la police à Aden (sud), et les manifestants à Sanaa ont subi une attaque en règle de partisans du régime, au lendemain de la journée la plus sanglante au Yémen depuis le début de la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh. Face à cette répression violente qui a fait sept morts pour la seule journée du samedi, les Etats-Unis, pourtant de proches alliés du régime de Sanaa dans la lutte contre Al Qaïda, ont «fermement» condamné ces violences. «Les Etats-Unis condamnent fermement les violences qui se sont produites aujourd’hui au Yémen et à Bahreïn. Nous appelons les gouvernements de ces pays à la retenue et à respecter les droits universels de leurs peuples», a écrit le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, dans un communiqué. «La violence doit cesser immédiatement» au Yémen, avait auparavant annoncé un communiqué du département d’Etat. «Nous appelons le gouvernement yéménite à enquêter rapidement sur ces incidents et à faire le nécessaire pour protéger les droits de tous ses citoyens, en accord avec les engagements du président Saleh», a ajouté le communiqué. A Aden, ville rétive et à la pointe de la contestation, «un manifestant, Nafee Ali Naji, 25 ans, a été mortellement touché par les tirs des unités anti-émeutes qui sont arrivées à Dar Saad après une attaque contre le poste de police du quartier», a déclaré un membre du personnel de l’hôpital Naqib, où le corps de la victime a été transporté. Selon des témoins, les policiers ont pourchassé les manifestants dans les ruelles du quartier après l’attaque d’un poste de police. Dans cette attaque, les manifestants, qui protestaient contre la violente répression dans la nuit de samedi à dimanche d’une marche dans le quartier, ont pris dix fusils d’assault AK-47, et incendié trois véhicules et le poste de police. Samedi, sept manifestants ont été tués au Yémen, dont quatre à Aden, lors de la dispersion violentes des manifestations hostiles au président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Des centaines d’autres manifestants ont été blessés par des gaz toxiques, selon les organisateurs. Les autorités ont nié l’utilisation de gaz autres que lacrymogènes et invité dimanche un représentant de l’Organisation mondiale de la Santé à vérifier sur place. Plusieurs voix se sont déjà élevées dans le monde, dont celle du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour dénoncer «l’usage excessif de la force» par la police. Avant les violences de samedi, l’ONU avait annoncé vendredi que 37 militants et au moins six agents de sécurité avaient été tués au Yémen depuis le début de la révolte fin janvier. Dimanche matin, des dizaines de manifestants ont été blessés sur la place de l’Université de Sanaa, épicentre de la contestation, dans une attaque des policiers soutenus par des partisans du régime, selon des témoins. Les heurts ont commencé lorsque des policiers et des partisans du Congrès populaire général (CPG-parti présidentiel), ont attaqué les protestataires. «Les assaillants ont tiré à balles réelles et tiré des gaz lacrymogènes», a déclaré un témoin, ajoutant que les blessés se comptaient «par dizaines», certains atteints par des tirs, et d’autres souffrant «de suffocations». M. Saleh a multiplié en vain les gestes d’apaisement face à une révolte qui ne se calme pas dans ce pays du sud de la péninsule arabique miné par un chômage chronique et une pauvreté endémique.

  Hammoud Mounassar (AFP)

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