Zambie : victoire contestée

Levy Mwanawasa a été proclamé nouveau président de la Zambie, mercredi, alors que le climat de tension était toujours palpable dans les rues de Lusaka.
La police avait même établi des barrages sur les routes principales de la capitale et s’était déployée aux abords des bâtiments officiels suite aux émeutes de la veille, organisées par les militants de l’opposition. Des milliers de Zambiens, contestant le résultat du scrutin, ont en effet manifesté devant la Haute Cour de justice qui a refusé de statuer sur la réclamation d’une dizaine de partis d’opposition.
Ceux-ci s’étaient en effet réunis pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des «fraudes massives» commises lors du scrutin présidentiel du 27 décembre dernier. Cela n’a pas empêché Levy Mwanawasa de prêter serment, devenant ainsi le troisième président de l’histoire zambienne, après Kenneth Kaunda (1964-91) et Frederick Chiluba, vainqueur des premières élections pluralistes du pays en 1991.
En vertu du scrutin majoritaire à un tour, Mwanawasa, ancien avocat de 53 ans et candidat du Mouvement pour une démocratie multipartite (MMD), a été déclaré vainqueur avec 28,7% de voix contre 26,7 % pour le candidat de l’opposition, l’homme d’affaires Anderson Mazoka.
L’opposition justement avait tenté en vain de suspendre la cérémonie d’investiture en portant plainte devant la Haute Cour, mais sa demande de recomptage a finalement été rejetée mercredi matin. Le juge chargé de l’affaire s’est déclaré incompétent et a invité l’opposition à porter son recours devant la Cour suprême.
«On ne nous laisse aucun choix, hormis celui de nous battre pour obtenir ce qui appartient de droit au peuple zambien», a estimé Christon Tembo, porte-parole d’une alliance des dix partis d’opposition, à l’énoncé du verdict. Le parti au pouvoir, le MMD, tout comme la commission électorale nationale, rejettent en effet les accusations de trucage même si des observateurs de l’Union européenne, présents pour s’assurer de la clarté du processus démocratique, ont aussi fait état d’irrégularités.
Désigné comme dauphin du président sortant, Levy Mwanawasa n’est quant à lui pas un inconnu de la scène politique zambienne.
Il a d’abord servi sous l’ancien régime de Kenneth Kaunda avant de devenir le premier vice-président de Frederick Chiluba en 1991, lors des premières élections pluralistes de Zambie. Il s’était ensuite retiré en 1994 pour protester contre la complaisance et le laxisme du gouvernement à l’égard des affaires de corruption et du trafic de drogue.
Après une retraite politique et un grave accident, qui lui a valu une hospitalisation pendant près d’un an en Afrique du Sud, Levy Mwanawasa entend aujourd’hui redorer le blason de son parti et du pouvoir zambien, longtemps floué par la corruption de ses responsables.

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