2014, l’année de la liberté de la presse selon El Khalfi

2014, l’année de la liberté de la presse  selon El Khalfi

«Aucune peine privative de liberté n’a été prononcée à l’encontre d’un journaliste, aucun support n’a été interdit de publication ou de diffusion, aucun retrait d’accréditation pour la presse étrangère n’a été enregistré, et à aucun moment Internet n’a été coupé sur une région du Maroc», le discours du ministre de la communication lors de sa présentation du troisième rapport sur «les efforts pour la promotion de la liberté de la presse au Maroc» ressemblait, en substance, à ceux des deux années précédentes.

Lors d’une conférence de presse tenue hier mercredi au siège du ministère à Rabat, Mustapha El Khalfi s’est appuyé sur les données recueillies par le ministère de la communication pour conclure que l’année 2014 a, sans aucun doute, été celle de l’évolution de la liberté de la presse au Maroc. «Sur le terrain, nous pouvons constater une évolution de la liberté de la presse, après des années de régression», a déclaré le ministre ajoutant que «même Reporters sans frontières (RSF) commence à reconnaître les efforts du Royaume».

Ce rapport intervient, en effet, quelques jours à peine après la publication du classement annuel de RSF sur la liberté de la presse dans le monde. Après avoir occupé la 136ème place pendant trois années d’affilée en 2012, 2013 et 2014, le Maroc y a progressé de 6 places en 2015, avec un score de 39,19.

Le nouveau code de la presse, toujours en gestation, était l’un des éléments centraux de l’exposé du ministre. Sans s’attarder sur les raisons de son retard le ministre a annoncé qu’«il devrait être prêt le mois prochain». Cette réforme du cadre législatif régissant la profession devrait englober plusieurs autres textes dans les mois à venir. Le ministre a annoncé une deuxième génération de lois organiques en phase d’élaboration, concernant la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP) et le Centre cinématographique national.

Concernant les procès entamés contre des journalistes en 2014, Mustapha El Khalfi a assuré qu’aucun n’a abouti à une peine de prison, la moitié des journalistes concernés ayant été innocentée et l’autre moitié condamnée à verser des amendes. «La plupart d’entre eux ont été jugés selon le code de la presse», a précisé le ministre. Une déclaration qui pourrait laisser croire que certains journalistes sont toujours jugés selon le code pénal.

Le nombre d’agressions dont ont été victimes des journalistes serait, lui, en régression. Il est passé de 20 agressions en 2012 à 14 en 2014, selon les données du ministère. «Ces cas, malgré leur rareté, ne font pas honneur à notre pays», a toutefois noté Mustapha El Khalfi.  

Le ministre s’est par ailleurs targué du niveau de transparence du secteur, expliquant que pour la première fois depuis la fin des années 1980, la liste des journalistes bénéficiant de la carte de presse a été rendue publique. Dans ce même registre, la liste des supports bénéficiant des subventions du ministère a, elle, été présentée en même temps que ce rapport. Celle-ci énumère 77 supports médiatiques qui se partagent 52 millions de dirhams.

De manière plus globale, le ministère recense quelque 500 titres de presse, dont 171 sont régionaux et 15 partisans.
Souvent objet de controverses, la relation entre le ministère de la communication et la presse étrangère a, elle aussi, été abordée par le ministre. «Les seules décisions d’interdiction de la presse étrangère étaient à cause de contenu obscène ou portant atteinte à la religion musulmane, notamment les caricatures du Prophète», a affirmé Mustapha El Khalfi. Selon lui, les activités des médias étrangers au Maroc ont été élargies en 2014.

Durant cette période, 1.292 autorisations de tournages ont été délivrées, dont la moitié à des médias étrangers. «Hier, une décision a été prise pour l’ouverture du premier site étranger à partir du Maroc», a-t-il annoncé.

Toutes ces avancées auraient valu au Maroc, selon le ministère, le titre du pays avec la meilleure réputation dans les médias dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), une distinction que le ministre de la communication devrait recevoir aujourd’hui à Genève.

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