août 23, 2017

Ali Bajaber: «Le Maroc réunit plus de 500 consuls honoraires du monde arabe en octobre prochain»

Ali Bajaber: «Le Maroc réunit plus de 500 consuls honoraires du monde arabe en octobre prochain»

Ali Bajaber, Secrétaire général de l’Union des consuls honoraires accrédités au Maroc (UCHM)

Le Maroc abritera le 1er Congrès des consuls honoraires, une première en Afrique et dans le monde arabe, qui réunira l’élite économique, sociale, politique et des opinions publiques. Cette rencontre rassemblera pas moins de 500 consuls honoraires dans une quinzaine de pays dans le monde arabe. Organisé par l’Union des consuls honoraires accrédités au Maroc (UCHM), l’évènement a pour ambition de créer une Fédération arabe des consuls honoraires afin de renforcer les relations économiques, culturelles et sociales entre ces pays arabes. Pour mieux en savoir sur cette manifestation, nous sommes allés à la rencontre de Ali Bajaber, secrétaire général de l’UCHM.

ALM : Quel est l’intérêt d’organiser cette première édition des consuls honoraires ?

Ali Bajaber : Cette édition est la première initiative dans le monde arabe et en Afrique. Il existe déjà une association des consuls honoraires en Europe mais pas pour le monde arabe, c’est la première initiative en son genre dans l’histoire de l’action consulaire. Cet évènement est l’occasion pour les consuls honoraires de se réunir dans le but d’échanger les expériences et les idées, de renforcer le rôle du consul honoraire dans le cadre de ce qu’on appelle la diplomatie parallèle et de rendre plus effectif son rôle dans la diplomatie économique. Mieux encore, cette première va tracer une nouvelle ère dans l’action du consulat honoraire dans le monde arabe. Nous souhaitons après cet évènement initier une édition africaine, sachant que plusieurs pays qui seront présents lors de ce congrès sont africains. Cette initiative abonde dans le sens des orientations du Maroc et en même temps le monde connaît actuellement des mutations à tous les niveaux, à savoir technologiques, économiques et politiques, un monde où la diplomatie traditionnelle a atteint ses limites. Aujourd’hui on voit surgir des organisations non-gouvernementales et des acteurs non étatiques qui ont un rôle concurrentiel à la diplomatie classique.

Pourquoi vous avez choisi ce timing pour organiser cet événement ?

Cette idée a été évoquée par SM le Roi Mohammed VI dans son discours en 2000.
Aujourd’hui il y a ce qu’on appelle «poeple diplomaty» ou la diplomatie du peuple et l’entrée en scène de nouveaux acteurs tels que les collectivités locales, les ONG et les confédérations d’affaires et même les personnes physiques, à savoir les artistes et les intellectuels les sportifs par exemple. SM le Roi avait, dans ce discours, tracé les lignes directrices des défis à surmonter pour que le Maroc ait le rôle de leadership dans ce domaine. Il faut savoir que le pays a aujourd’hui 170 consuls honoraires, nous sommes les premiers dans le monde arabe et en Afrique. Depuis le début du règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le nombre des consuls est passé de 33 à 170 consuls honoraires, c’est un signal fort, une ère d’ouverture et un leadership dans le domaine. Ce rôle de leadership a aussi commencé avec l’histoire de la ville de Tanger qui était la capitale de l’action diplomatique. En effet les consuls honoraires ont eu un rôle important dans le rayonnement de la ville du détroit.
Pour nous, le discours de SM le Roi a été une véritable feuille de route. Le Maroc, de par sa situation géographique, les relations exceptionnelles qu’il a avec plusieurs pays, son capital religieux et spirituel a pu renforcer son positionnement dans le continent. Cette dynamique nécessite également un renforcement de la diplomatie traditionnelle pour qu’elle puisse contenir tous les acteurs non étatiques, le renforcement de la diplomatie parlementaire, la consolidation de la diplomatie associative et la mise en avant de la diplomatie culturelle, etc.

Pourriez-vous nous en dire plus sur la fédération qui va être créée à l’issue de ce congrès ?

La fédération est un des points essentiels qui sera abordé au cours de cette rencontre de haut niveau. Nous avons pour objectifs d’abord de tisser des liens et de créer un réseautage entre les différents consuls et de discuter des conditions d’exercice des consuls dans les pays faisant partie de cette édition. Un des points importants sera également d’aider les pays qui ne disposent pas d’Union pour les consuls de créer ces organismes, comme la Mauritanie, la Palestine, ou le Soudan. A ce titre nous avons commencé à travailler en étroite collaboration dans ce sens. En effet, l’UCHM est membre de World Federation of Consuls (l’Union internationale des consuls) . Celle-ci regroupe toutes les unions de consuls dans le monde, elle se réunit chaque 3 ans dans un des pays membres. Nous espérons d’ailleurs que le prochain congrès de cette Union internationale sera au Maroc.

Comment, selon vous, le consul honoraire peut-il renforcer davantage les relations économiques et culturelles et de quoi a-t-il besoin concrètement ?

Il faut rendre effectif les signaux impulsés par Sa Majesté le Roi dans son discours de 2000, il faut que le ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale, les ministères, le patronat, les acteurs culturels, etc. aillent dans ce sens. Le consul mobilise son réseau et ses connaissances pour renforcer les relations entre le Maroc et le pays qu’il représente, même plus, le consul travaille parfois sans ambassade. Celui-ci joue un rôle important notamment lorsqu’il n’y a pas d’ambassade.

Il faut que les acteurs concernés soient sensibilisés par le rôle du consul honoraire et il faut qu’il y ait également un soutien au travail qu’il accomplit. il n’a pas besoin de ressources financières, il a surtout besoin que son travail soit facilité et qu’il fasse partie des évènements importants. La fonction du consul honoraire est la plus ancienne forme de représentation diplomatique dans le monde. Il y a encore des gens qui ne comprennent pas le rôle du consul honoraire, on constate également une minimisation de la contribution de son travail par certains. C’est une responsabilité partagée de faire savoir et de sensibiliser sur le métier de consul honoraire et de la plus-value qu’il peut apporter. C’est l’un des principaux enjeux qu’on a choisi d’évoquer au cours de cette première édition.

Quelles sont les actions communes attendues à l’issue de ce congrès ?

Nous allons constituer une plate-forme de communication entre les consuls honoraires dans le monde arabe, procéder à la création de la Fédération arabe des consuls honoraires et établir «la Déclaration Maroc». Ce qui va renforcer le positionnement du pays aussi bien au niveau de la diplomatie classique qu’au niveau de la diplomatie parallèle. Nous avons aussi pour ambition d’aider certains pays a intégrer l’Union internationale de consuls. Lors de ce congrès plusieurs thèmes seront abordés entre autres la diplomatie économique et comment intégrer l’action du consul honoraire dans la dynamique économique, la diplomatie des peuples, et comment les actions du consul honoraire peuvent-elles être le lien entre les pays qu’il représente et le Maroc, voire comment le consul honoraire peut-il profiter des réseaux sociaux pour rendre plus efficace son action. Pour conclure, c’est un congrès pour le Maroc et non seulement pour l’Union des consuls honoraires.

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