Communication : Le PJD veut contre-attaquer

Communication : Le PJD veut contre-attaquer

Abdelilah Benkirane a tenu une réunion avec la direction du parti pour consolider la stratégie

Les responsables ont récemment décidé de changer de périodicité pour faire d’Attajdid un hebdomadaire. Cette faible présence est compensée par une forte activité sur le Web et les réseaux sociaux.

C’est le branle-bas de combat au sein du Parti de la justice et du développement (PJD). Le parti vient d’organiser une réunion mercredi soir pour discuter de sa stratégie de communication. Une rencontre qui semble tellement importante que le secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, a fait le déplacement en soirée pour débattre du sujet avec ses hommes de confiance. C’est dire que le parti de la lampe ne badine pas avec la communication au point d’en faire une arme dans ses batailles politiques. Le dossier est si sensible au sein de cette formation politique qu’il est confié à Slimane Omrani, secrétaire général adjoint du PJD et l’un des proches collaborateurs de Benkirane. Omrani supervise la communication et les relations presse. Il a notamment sous son «commandement» ce qui est communément appelé sur la scène médiatique les Brigades électroniques du PJD. Celles-ci avaient joué un rôle important lors des deux dernières élections de 2015 et 2016. Pour le moment rien n’a filtré ou presque de la réunion du mercredi dernier à Rabat en présence du numéro un du parti. Ce dernier s’est contenté de déclarer vaguement à la sortie de la rencontre que «son parti est premier sur la scène politique et en fonction de cela nous devons développer et améliorer notre rendement sur le plan médiatique. La réunion a donc été consacrée à examiner et explorer les moyens afin d’y parvenir».

Le tout Web

Mais alors que la direction parle de médias d’une manière générale, tous les observateurs de la scène politique et partisane savent que le parti a bati sa stratégie de communication autour du Web. Cela fait des années que le parti de la lampe a fait le pari du tout Web. Les publications sur support papier du PJD ou celles qui y gravitent autour de cette formation politique sont toutes très peu diffusées. C’est le cas notamment pour l’hebdomadaire «Addala wa Tanmia».

L’expérience de cette publication a tourné court et le parti se contente de l’activer ces dernières années durant les campagnes électorales. Le deuxième cas concerne le journal «Attajdid». Ce dernier est officiellement porte-parole du MUR (Mouvement unicité et réforme), bras idéologique du PJD. Mais les responsables ont récemment décidé de changer de périodicité pour faire d’Attajdid un hebdomadaire. Cette faible présence est compensée par une forte activité sur le Web et les réseaux sociaux. Sur Facebook notamment, le groupe «Forsane Al adala» (Chevaliers de la justice) est très actif. De même, le PJD est le seul parti politique qui a maintenu sa web radio en activité avec les dernières élections législatives du 6 octobre 2016. Alors que le parti est actuellement en pleine phase de négociations pour former une nouvelle majorité gouvernementale, les médias du parti seront sans nul doute utilisés, d’où la dernière réunion supervisée par Benkirane à Rabat. Reste à connaître les détails à propos des décisions prises qui restent pour le moment secrètes.

Formation chez l’Oncle Sam

Alors que les fameuses brigades électroniques du PJD sont parfaitement structurées et agissent de manière organisée, leur entraînement, formation et financement demeurent pas très clairs jusqu’à aujourd’hui. Cela dit, plusieurs membres du parti et de sa jeunesse ont effectué des formations et des stages à l’étranger dans les domaines de la communication, notamment aux Etats-Unis d’Amérique.

C’est le cas notamment de Mustapha El Khalfi, le député de Sidi Bennour et ancien ministre de la communication dans le gouvernement sortant avait effectué un stage aux Etats-Unis d’Amérique il y a plusieurs années. El Khalfi avait d’ailleurs dirigé, pendant un moment, le journal «Attajdid» qui relève du MUR, bras idéologique du parti de la lampe. Il faut préciser que les brigades électroniques du PJD sont aujourd’hui directement supervisées par l’un des proches collaborateurs du secrétaire général du parti. Mais cela n’empêche pas les dérapages puisque Benkirane lui-même avait dénoncé publiquement certains agissements de ces «brigades».

Quand les «chevaliers» dérapent

Les dernières semaines ont été marquées par la polémique suscitée par des membres des brigades électroniques du Parti de la justice et du développement (PJD). Ces derniers avaient commenté sur les réseaux sociaux l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara par un policier turc.

Pourtant, les lois en vigueur actuellement criminalisent l’apologie des actes terroristes. Ce ne sont donc pas moins de quatre membres de la Jeunesse du PJD qui sont actuellement poursuivis devant la justice dans cette affaire. Parmi eux, l’administrateur de la page Facebook des «Chevaliers de la Justice» (forsane Al adala).

L’image du parti se retrouve ternie alors que tous les pays avaient condamné l’assassinat du diplomate russe. Si avant cette polémique, le rôle joué par les brigades électroniques du PJD n’était pas très connu du grand public, il n’en demeure pas moins que les responsables du parti accordent une importance particulière à la communication sur les réseaux sociaux en particulier et le Web d’une manière générale.

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