Conseil national du PJD : Benkirane garde son veto contre l’USFP

Conseil national du PJD : Benkirane garde son veto contre l’USFP

Le chef de gouvernement désigné s’accroche à la majorité gouvernementale sortante

«Comment un parti politique ayant obtenu à peine 20 sièges lors des dernières élections bloque les négociations allant jusqu’à affirmer que le gouvernement ne sera pas formé sans lui», a déclaré Benkirane.

Très attendu, le mot prononcé par Abdelilah Benkirane lors du conseil national de son parti n’augure rien de bon pour la formation du prochain gouvernement. Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) a en effet réitéré son veto contre une participation éventuelle de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) au prochain Exécutif. Benkirane, également chef de gouvernement désigné depuis le 10 octobre dernier, a consacré un pan de son allocution devant les membres du conseil national du parti de la rose.

Alors que les négociations n’ont pas encore repris en raison des divergences sur la composition de la majorité, le chef de l’Exécutif refuse catégoriquement de voir l’USFP siéger au sein du prochain gouvernement. «Comment un parti politique (ndlr : l’USFP) ayant obtenu à peine 20 sièges lors des dernières élections bloque les négociations allant jusqu’à affirmer que le gouvernement ne sera pas formé sans lui», a déclaré Benkirane devant les membres du «parlement» de son parti. Et de poursuivre : «Ce parti a obtenu à peine 20 sièges alors que le PJD en a remporté 22 uniquement à Rabat». Le numéro un du parti de la lampe a voulu ainsi s’attaquer au parti de la rose pour défendre son allié, le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Benkirane n’a, semble-t-il, pas digéré les déclarations de Driss Lachgar sur un plateau de télévision concernant le PPS et son secrétaire général, Mohamed Nabil Benabdellah. «Il faut rappeler les positions ambigües et contradictoires du premier secrétaire de l’USFP.

Après avoir déclaré qu’il allait faciliter la tâche de la formation d’un gouvernement, il a commencé par la suite à imposer une série de conditions et de contradictions», a dit le chef de gouvernement désigné. «Il a par la suite attaqué un allié de notre parti, en l’occurrence le PPS alors que le premier secrétaire de l’USFP avait lui-même eu recours à maintes reprises à ce parti au cours des négociations pour la formation du gouvernement», a-t-il ajouté menaçant de révéler les détails de ses échanges avec Driss Lachgar lors de leurs rencontres après les élections. Pour Benkirane, le parti de la rose doit se contenter de la présidence de la Chambre des représentants. En effet, Habib El Malki, président de la commission administrative de l’USFP, avait été élu président de la première Chambre parlementaire quelques semaines auparavant. Reste à connaître maintenant l’impact du veto de Benkirane sur la suite des négociations. Ce dernier veut former un gouvernement avec la participation des partis de la majorité sortante, à savoir le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Mouvement populaire (MP) et le PPS en plus du PJD. Or, ces quatre partis ne disposent que d’une majorité étriquée à la Chambre des représentants d’où l’appel notamment du RNI et du MP à élargir la majorité pour englober également l’Union constitutionnelle (UC) et l’USFP.

Congrès : Un proche de Benkirane à la tête du comité préparatoire

Les membres du conseil national du Parti de la justice et du développement (PJD) ont désigné Mohamed Yatim président du comité préparatoire du prochain congrès. Le PJD doit, en effet, organiser son congrès national au cours de cette année. Aucune date officielle n’a été pour le moment arrêtée mais tout porte à croire que le congrès sera organisé en juillet prochain. Après un premier report en 2016 pour permettre à Benkirane de briguer un nouveau mandat à la tête du gouvernement, 2017 connaîtra l’organisation du congrès du PJD qui doit déboucher sur le renouvellement de la direction du parti. Il faut préciser que Mohamed Yatim est considéré comme étant l’un des proches collaborateurs de Abdelilah Benkirane. Le comité préparatoire compte également d’autres proches de l’actuel secrétaire général du parti, notamment Slimane El Omrani, Abdelhaq El Arabai et Mohamed Zouiten.

D’autres noms ont également été choisis pour siéger au sein du même comité sur proposition du secrétariat général comme Mustapha El Khalfi, l’ancien ministre de la communication, Abdessamad Sekkal, Said Khairoun et Amina Mae Ainine.

Qui sera secrétaire général du PJD ?

Le prochain congrès sera très attendu car il devra permettre de connaître l’identité du prochain numéro un du Parti de la justice et du développement (PJD).

L’actuel secrétaire général, Abdelilah Benkirane, a déjà passé deux mandats à la tête du parti et ne peut théoriquement plus aspirer à une troisième réélection. Les statuts du parti limitent le nombre de mandats pour le secrétaire général du PJD à deux seulement.

Le maintien de Benkirane est-il pour autant, impossible? D’un point de vue purement technique, le retour de Benkirane pour un troisième mandat est possible. Il faut dire que le parti devra revoir ses statuts et règlements tout simplement. Cela dit, il va falloir un véritable consensus au sein du parti pour revoir les statuts.

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