Démissions au PJD : Hémorragie ou transhumance ?

Démissions au PJD : Hémorragie ou transhumance ?

Les départs du parti se suivent dans plusieurs villes notamment Fès, Marrakech et Kénitra

La situation est d’autant plus délicate que les départs concernent des fiefs électoraux pour le parti de la lampe.

A la veille des élections législatives du 7 octobre prochain, le Parti de la justice et du développement (PJD) doit faire face à des départs importants de la part de certains responsables régionaux. La situation est d’autant plus délicate que les départs concernent des fiefs électoraux pour le parti de la lampe. C’est le cas notamment des villes de Fès, Marrakech et Kénitra. Des villes qui sont gérées par le parti depuis les élections communales et régionales de 2015 sans oublier les sièges parlementaires gagnés par le PJD dans ces grandes agglomérations depuis les Législatives de 2011. C’est la ville de Fès qui a connu le départ de plusieurs pjdistes avec fracas.

Tout commence avec la démission d’un certain Radi Selouani, ancien secrétaire régional du parti et plusieurs fois élu. Il fut, il y a juste quelques mois auparavant, le président d’un arrondissement de la capitale spirituelle au nom du parti de la lampe. Seulement voilà, Selouani qui est présenté comme l’un des fondateurs du PJD et l’une des figures du MUR (Mouvement d’unicité et de réforme) à Fès, décide de claquer la parte du parti de la lampe. Il rejoindra quelques temps après le Parti authenticité et modernité (PAM). Après son départ, il fait une sortie incendiaire contre son ancien parti qu’il accuse de «dérive». Mais le cas de Selouani est loin d’être isolé. Ce dernier a emmené dans son escarcelle plusieurs membres du PJD qui ont rallié majoritairement le PAM.

Démocratie interne

Tous dénoncent une prédominance des arrangements dans les coulisses notamment en ce qui concerne la gestion des candidatures du parti de la lampe pour les prochaines législatives. Il faut dire que tous les mécontents qui ont déjà claqué la porte du PJD, dénoncent aujourd’hui un manque de la démocratie interne. C’est le cas notamment à Fès mais également à Marrakech et à Kénitra. Ainsi, les démissions sont intervenues en majorité après la finalisation des listes des candidats pour les prochaines élections. Une procédure entâchée «d’irrégularité» selon les mécontents. Mais pour les responsables du PJD, le choix des candidats du partis se fait en toute transparence puisque la tâche est confiée aux bases du parti pour choisir au niveau local les candidats du parti pour les prochaines échéances électorales.

Slimane El Omrani, le secrétaire général adjoint du PJD et responsable en chef du service de communication et relation publique au sein de cette formation, préfère parler, dans une sortie médiatique, de cas de transhumance. «Nous sommes pour le droit de chacun de choisir librement son appartenance politique mais je tiens à préciser que notre parti est connu pour sa démocratie interne», a-t-il fait savoir. Ce dernier est ainsi revenu sur le cas de Marrakech accusant certains membres du PJD de vouloir orienter le congrès régional qui devait arrêter la liste des candidats du parti au sein de la région pour les Législatives. Reste à savoir si ces départs qui interviennent à quelques semaines du prochain scrutin vont fragiliser le parti dans ces régions. Si les mécontents semblent décider à infliger une défaite à leur ancienne formation, les responsables pjdistes restent sereins. Verdict donc le 7 octobre prochain.

Candidatures : Des choix délicats

Benkirane-yatimCe n’est pas la première fois où les candidatures font éclater des divergences au sein du Parti de la justice et du développement.
Au cours des Législatives anticipées de 2011, une crise avait éclaté à Casablanca.
Les bases du parti avaient choisi dans la circonscription de Sidi Bernoussi un candidat mais le secrétariat général du parti a finalement donné la primauté à Mohamed Yatim, figure du PJD et l’actuel vice-président de la Chambre des représentants.

Un choix qui n’avait pas été digéré par les responsables pjdistes au niveau local. La situation menaçait même de dégénérer au point que Abdelilah Benkirane, secrétaire général du parti, s’est déplacé personnellement pour calmer les esprits. Un scénario quasiment similaire s’était répété dans la ville de Tétouan au lendemain des élections communales et régionales de 2015.
Mais cette fois-ci, le bras de fer s’est soldé par la suspension de l’une des figures du parti dans cette ville en l’occurrence Lamine Boukhabza.

Conflit de génération
Abdelaziz-AftatiSi le Parti de la justice et développement présente sa démocratie interne comme l’un de ces points forts, ceci ne cache pas un débat qui existe aujourd’hui au sein du parti sur la prédominance de figures de la première et deuxième générations. Pour de nombreux jeunes du PJD, le temps est venu pour de nombreuses figures au niveau national de passer le relais aux générations montantes.

En effet, une idée est en train de mener son chemin parmi les bases du parti. Cette idée qui se pose avec acuité, propose de limiter les mandats pour les parlementaires du PJD à deux mandats seulement pour instaurer une alternance. Or, certains parlementaires pjdistes cumulent déjà trois mandats parlementaires, voire plus dans certains cas. Cela dit, certaines figures du parti de la lampe ont déjà annoncé leur retraite.

C’est le cas notamment pour Abdelaziz Aftati qui a tiré sa révérence même si sa retraite soulève plusieurs interrogations en raison de ses divergences avec Abdelilah Benkirane.

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