Dialogue social : L’appel à la raison des chefs de la majorité

Dialogue social : L’appel à la raison  des chefs de la majorité

Ils veulent accélérer l’adoption d’une charte sociale équilibrée et se félicitent de l’offre gouvernementale

Le budget devait contenir des mesures en faveur des fonctionnaires et salariés mais finalement la version qui entrera en vigueur n’inclut pas les mesures ayant fait l’objet de négociations lors des derniers rounds.

Les chefs des partis de la majorité se sont enfin rencontrés. Après plusieurs mois, les secrétaires généraux des six partis de la majorité parlementaire (Parti de la justice et du développement, Rassemblement national des indépendants, Union constitutionnelle, Mouvement populaire, Union socialiste des forces populaires et Parti du progrès et du socialisme) se sont de nouveau retrouvés à Rabat avec au menu la loi de Finances mais également et surtout le dialogue social. L’adoption d’une nouvelle loi de Finances 2019 par le Parlement, il y a quelques jours, fait craindre un retard dans la conclusion d’un accord entre les partenaires sociaux. En effet, le budget devait contenir des mesures en faveur des fonctionnaires et salariés mais finalement la version qui entrera en vigueur n’inclut pas les mesures ayant fait l’objet de négociations lors des derniers rounds. Ceci pousse les chefs des partis de la majorité à appeler à l’accélération du processus de conclusion d’un accord.

«L’instance de la majorité a discuté du processus qu’a connu le dialogue social. Tout en se félicitant de l’importance de l’offre gouvernementale renouvelée, l’instance insiste sur la nécessité de garder à l’esprit l’intérêt suprême et faire preuve de responsabilité et de consensus», annoncent les chefs de la majorité. Et d’ajouter: «Le but est d’élaborer une charte sociale équilibrée et durable garantissant la compétitivité de l’entreprise et l’amélioration du pouvoir d’achat des classes des travailleurs à la fois dans le secteur public et privé». Reste à connaître la réaction des autres partenaires sociaux, en l’occurrence les centrales syndicales les plus représentatives et le patronat représenté au dialogue social par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Pour rappel, les syndicats s’étaient retirés des dernières réunions avec le gouvernement car peu convaincus de l’offre gouvernementale (voir encadré). Par ailleurs, la loi de Finances était également au centre des discussions des dirigeants de la majorité. «L’instance a débattu de l’importance des manifestations qui avaient été organisées en perspective de la loi de Finances.

Tout en se félicitant du travail effectué par le gouvernement et l’importance des dispositions, notamment sociales contenues dans le budget, l’instance est fière du travail effectué par les différents groupes et groupements de la majorité dans les deux Chambres parlementaires en compagnie des autres groupes parlementaires ainsi que le rendement du ministre de l’économie et des Finances et les autres membres du gouvernement sans oublier le débat institutionnel ayant accompagné l’examen de la loi de finances 2019», poursuit la même source. Il faut préciser enfin que les chefs des six partis de la majorité parlementaire ont également évoqué plusieurs autres sujets d’ordre politique et législatif. Les dirigeants de la majorité ont décidé par la suite de laisser le débat ouvert concernant ces derniers points en attendant les prochaines réunions.

Offre gouvernementale

L’Exécutif a posé sur la table une offre depuis le mois de mars dernier. Depuis, les responsables ont introduit certaines nouveautés sans pour autant convaincre les syndicats. Dans les détails, la dernière offre gouvernementale consiste en une augmentation de 400 DH pour les fonctionnaires dont le salaire ne dépasse pas 5.200 DH. Il est également question d’une augmentation de 100 DH des allocations familiales, qui passent à 300 DH pour les trois premiers enfants et à 136 DH pour les trois qui suivent.

L’Exécutif propose également d’instaurer une indemnité pour les fonctionnaires affectés dans des régions reculées et de porter la prime d’accouchement à 1.000 DH contre 115 DH actuellement. S’agissant du secteur privé, le gouvernement avait demandé à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) de faire un effort à la fois concernant les allocations familiales et le salaire minimum. Pour le moment, le patronat s’est dit prêt à négocier mais il conditionne toutefois tout accord par une révision de la législation du travail et une souplesse du marché de l’emploi.

Adoption du PLF

Les travailleurs s’attendaient à l’introduction des mesures proposées par le gouvernement dans la loi de Finances qui entrera en vigueur dès janvier prochain. Finalement, le prochain budget n’en contient pas faute d’un accord entre les partenaires sociaux. Pourtant, le gouvernement avait menacé d’activer ses propositions d’une manière unilatérale même en l’absence d’un accord. Les responsables ont finalement fait marche arrière pour éviter de fragiliser les autres partenaires.

Pour rappel, la Chambre des représentants avait adopté à la majorité, en deuxième lecture, le projet de loi de Finances n° 18.80 pour l’exercice financier 2019, lors d’une séance plénière mardi dernier.

Le texte a reçu l’aval de 158 députés et a été rejeté par 56 autres, sans aucune abstention. Les groupes pro-gouvernement ont affirmé à cette occasion que le projet de loi de Finances (PLF 2019) reflète les efforts du gouvernement en matière notamment de maîtrise des dépenses et du taux de déficit, ainsi qu’en vue d’aller de l’avant dans la stratégie des grands chantiers.

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