Dialogue social : Un accord pour le 19 avril inchallah

Dialogue social : Un accord pour le 19 avril inchallah

Les partenaires sociaux ont créé une commission qui entamera dès ce mercredi des travaux sur les points en suspens

Le nouveau round du dialogue entre partenaires sociaux devait participer à détendre l’atmosphère. Ce fut donc une première prise de contact avec des mois de rupture mais pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Les syndicats, le patronat et le gouvernement se sont retrouvés hier à Rabat pour un nouveau round du dialogue social. Le climat social était devenu tendu depuis la décision gouvernementale de transférer les projets de loi sur la réforme des retraites au Parlement. Dans ce sens, le nouveau round du dialogue entre partenaires sociaux devait participer à détendre l’atmosphère. Ce fut donc une première prise de contact avec des mois de rupture mais pas grand-chose à se mettre sous la dent.

En effet, la réunion a servi tout juste à connaître les revendications et positions des uns et des autres. «Nous avons créé une commission tripartite qui se réunira dès aujourd’hui pour examiner les différents points à l’ordre du jour», affirme Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT). Selon la même source, ladite commission doit étudier quatre grands axes. Le premier concerne les revenus à travers notamment la hausse des salaires, la baisse de l’impôt sur le revenu et la hausse des allocations familiales et le parachèvement de la mise en œuvre de l’accord du 26 avril 2011. Le deuxième axe est relatif, quant à lui, à la législation sociale et le code du travail alors que le troisième se rapporte à la réforme des retraites principalement le régime civil des pensions pour les fonctionnaires de l’administration publique au sein de la CMR (Caisse marocaine des retraites).

Enfin, le dernier axe concerne l’institutionnalisation du dialogue social. «Nous avons convenu d’une nouvelle réunion plénière entre le chef de gouvernement et les dirigeants du mouvement syndical mardi 19 avril pour faire le point sur les travaux de la commission tripartite en vue de conclure un accord final à la veille du 1er mai prochain», ajoute Moukharik. Reste à savoir si le gouvernement renouvellera la même offre proposée il y a des mois sans convaincre les syndicats ou bien ces derniers parviendront à arracher d’autres concessions. En effet, l’Exécutif avait déjà proposé de porter les allocations familiales à 300 dirhams contre 200 actuellement et en faire profiter 5 enfants d’une même famille contre 3 seulement aujourd’hui.

Il était également question de baisser l’IR pour certaines catégories de salaires et l’élargissement de la couverture médicale aux parents des fonctionnaires. A noter enfin que le dernier round du dialogue social a été présidé par le chef de gouvernement, Abdel-Ilah Benkiran, avec la participation de délégations de l’Union marocaine du travail (UMT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) et de la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Miriem Bensalah-Chaqroun.

Cette réunion s’est également tenue en présence du ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad, du ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, Cherki Draiss, du ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid, du ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi, du ministre de l’emploi et des affaires sociales, Abdeslam Seddiki, du ministre de l’habitat et de la politique de la ville, Mohamed Nabil Benabdellah, du ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdii, et du ministre délégué chargé des affaires générales et de la gouvernance, Mohamed Louafa.

Protestation syndicale

Le principal point de discorde entre l’Exécutif et les centrales syndicales reste bien évidemment la réforme du régime des retraites des fonctionnaires.

Cinq syndictats avaient annoncé, il y a un mois, un nouveau plan de protestation contre le gouvernement. Le principal point de discorde entre l’Exécutif et les centrales syndicales reste bien évidemment la réforme du régime des retraites des fonctionnaires. Mais il y a d’autres problématiques liées notamment à la loi organique sur la grève et celles sur les syndicats, sans oublier la mise en œuvre des points toujours en suspens de l’accord du mois d’avril 2011.

Pour faire pression sur le gouvernement, l’Union marocaine du travail (UMT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), la Confédération démocratique du travail (CDT), la FDT de Azzouzi et le Syndicat de l’enseignement supérieur avaient annoncé un plan de protestation contre le gouvernement. C’est dans ce sens qu’une marche nationale devait avoir lieu le dimanche 10 avril dernier. Finalement, la marche a été annulée après l’invitation du chef de gouvernement pour un nouveau round du dialogue social. Mais les syndicats restent aux aguets et promettent de redescendre dans la rue si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

La FDT, un long bras de fer
Azzouzi-Abderrahmane-2863-2013-02-08La Fédération démocratique du travail (FDT) vit un long bras de fer entre deux hommes. D’un côté, Abderrahmane Azzouzi qui avait été réélu au poste du secrétaire général à l’issue du dernier congrès national de ce syndicat et de l’autre, Abdelhamid Fatihi qui fut le secrétaire général adjoint de Azzouzi durant plusieurs années. C’est à l’issue d’une session extraordinaire du conseil national de la FDT que Fatihi a pris les commandes du syndicat.

Mais Azzouzi a refusé de renoncer à son poste. Depuis cette date, la FDT est divisée puisque certains syndicats sectoriels soutiennent Fatihi alors que d’autres sont restés fidèles à Azzouzi. D’un point de vue légal, les autorités avaient reconnu l’élection de Fatihi. D’ailleurs, ce sont les candidats de la FDT de Fatihi qui ont représenté le syndicat lors des dernières élections professionnelles alors que les candidatures des partisans de Azzouzi avaient été refusées. Dans les faits, le courant de Azzouzi continue de revendiquer sa légitimité en tant que représentant de la FDT. Il est, dans ce sens, soutenu par l’UMT et la CDT.

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