Elections 2007 : le rap s’implique

Elections 2007 : le rap s’implique

«Je vais voter au nom de mon avenir et celui de mes enfants… Je vais voter pour que les ténèbres fassent place aux couleurs du printemps…». C’est ce que dit la chanson «Ma n’skoutch», qui prête son titre à l’album d’un groupe de rap casablancais nommé « Big Boss » et  qui va sortir dans deux mois. Cette chanson, enregistrée récemment dans l’un des studios casablancais, est portée par la voix de cinq interprètes spécialisés dans différents styles de chant, dont le RNB (reggae), le raï et la musique rap. Il s’agit d’un mélange de styles réussi, avec des paroles simples destinées à inciter les jeunes à se rendre massivement aux urnes en perspective des prochaines échéances électorales. «C’est notre manière à nous d’appeler nos congénères à s’acquitter de leur devoir citoyen», nous dit le président-fondateur du groupe, Oussama Hafidi, surnommé « Mc Aflaton B.I.G», avant d’ajouter que sa formation se prépare à enregistrer un vidéo-clip de cette chanson en vue de la diffuser sur les télés. A ce propos, Hafidi affirme avoir reçu le soutien du Réseau Maillage et du ministère de la Communication pour lui garantir une large diffusion sur le paysage audiovisuel marocain (PAM). «C’est d’autant plus nécessaire que la chanson véhicule un message hautement citoyen», renchérit-il. Se voulant un appel incitatif au vote, cette chanson met, par ailleurs, en garde contre les travers qui peuvent entacher la prochaine opération électorale. «F’souk dlala, sawtak la tbiâ» (A la criée publique, ne vends pas ta voix), déclame le jeune groupe sur des rythmes où le son du luth tutoie celui du piano, le tout porté par une percussion cadencée. Autre mise en garde, elle concerne ceux qui veilleront à l’opération du vote. «Le trucage des bulletins de vote n’est pas permis», lance le groupe.
Pour les autres chansons, elles s’inscrivent dans la même optique citoyenne. Parmi ces chansons, il y a lieu de citer une qui est dédiée au Sahara marocain. «Sahara, Sahara, mon ennemi, cupide, veut te spolier, mais, ô Sahara, tu resteras marocaine», entonne, d’une seule voix, le jeune groupe qui dénonce également la situation qui prévaut dans les camps de la honte, à Tindouf. Autre sujet de préoccupation, le danger intégriste qui guette notre pays. Sur ce registre, le groupe propose deux chansons intitulées «16 Mai » et «Touche pas à mon pays», en référence aux attentats terroristes crapuleux qui ont secoué Casablanca le 16 mai 2003. Réquisitoire contre cet acte lâche et ignoble, ces deux chansons rappellent, par ailleurs, les valeurs ancestrales qui ont animé le peuple marocain à travers toute son histoire.
Ceci étant dit, le groupe «Big Boss», précise-t-on, a été créé en 1998. Il a trouvé dans le rap le moyen le plus adéquat pour exprimer les préoccupations des jeunes : l’école, le désœuvrement, le désenchantement amoureux… En 2005, le président-fondateur de ce groupe, Oussama Hafidi, avec son frère Abdelhalim, créent une association au nom très révélateur « Positive attitude ». Regroupant des jeunes de différentes disciplines artistiques (arts plastiques, musique, danse, etc), cette association joue depuis sa création un rôle social louable. Au-delà de ses concerts caritatifs, elle compte se transformer en tremplin pour l’épanouissement des jeunes issus de milieux modestes.

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