Elections communales : Nos villes déjà en campagne ?

Elections communales : Nos villes déjà en campagne ?

Plusieurs sont devenues des chantiers à ciel ouvert avec des projets inaugurés juste avant le prochain scrutin

Depuis quelques semaines, le maire de la ville, Abdelaziz Omari, multiplie les annonces et les sorties au sujet de Casablanca dans les médias de son parti sachant que certaines sources le donnent partant de son poste de premier vice-président de la Chambre des représentants

Dans certaines villes, il y a comme un air d’une campagne électorale avant l’heure. Et pour cause, les élections communales auront lieu l’année prochaine 2020. A quelques mois de ce rendez-vous fatidique, des agglomérations sont devenues des chantiers à ciel ouvert sans parler des sorties répétées d’élus et des maires alors que l’inauguration de nombreux projets parfois structurants tarde inexplicablement quand elle n’est pas tout simplement repoussée à… 2020.

Sur ce plan, la métropole est un vrai cas d’école. Depuis quelques semaines, le maire de la ville, Abdelaziz Omari, multiplie les annonces et les sorties au sujet de Casablanca dans les médias de son parti sachant que certaines sources le donnent partant de son poste de premier vice-président de la Chambre des représentants pour se consacrer plus à la ville et à la gestion de la mairie. Il est vrai que de nombreux projets importants sont programmés dans le cadre de la vision 2015-2020 pour Casablanca mais disons que l’inauguration d’une bonne partie de ces projets en 2020 sera bonne, voire une très bonne coïncidence pour les élus de la ville. C’est le cas notamment de la nouvelle stratégie de propreté avec comme point d’orgue la réalisation d’une nouvelle décharge pour la ville annoncée pour les prochains mois. Le même scénario s’applique pour le réseau du transport en commun et l’acquisition de centaines de bus flambant neufs mais pas avant… 2020.

Même le zoo de la ville, l’un des projets qui tardent avec un taux d’avancement de 93% actuellement est annoncé pour les prochains mois. La cerise sur le gâteau pourrait être une nouvelle ligne de tramway. Des sources affirment que tout est mis en œuvre pour réaliser l’une des nouvelles lignes de tramway avant la date initiale, soit en… 2020. Il semble ainsi que tous les chemins mènent vers cette date qui coïncide avec les élections communales et régionales. Mais les projets en cours ne sont pas les seuls à sentir un parfum d’élections. Il existe une véritable campagne de recrutement dans de nombreux partis politiques avec des annonces qui vont aller crescendo à l’approche du scrutin. L’une des grandes surprises ces derniers mois concerne le «recrutement» d’une vraie tête d’Affiche par l’alliance des économistes istiqlaliens.

Il s’agit bien évidemment de Driss Benhima, qui traîne derrière lui un long passé dans la gestion des affaires publiques… et de Casablanca. L’intéressé reste pour le moment assez discret sur son rôle et sa place au sein de l’une des organisations parallèles les plus influentes d’un parti politique comme l’Istiqlal (ndlr: l’Alliance des économistes istiqlaliens a été dirigée notamment par Adil Diouri, ancien ministre du tourisme dans le gouvernement de Driss Jettou 2002-2007, sachant que l’alliance est chapeautée par un autre ancien parlementaire et ministre du commerce extérieur puis ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé des Marocains résidant à l’étranger, en la personne de Abdelatif Maâzouz). Driss Benhima se contente pour le moment de contribuer aux travaux de l’alliance mais il dispose également d’un profil de candidat à Casablanca. Il est d’ailleurs souvent consulté par les médias concernant les affaires de la métropole et de sa gestion avoir été ancien wali.

Les communales déterminantes pour les législatives

Les prochaines élections communales et régionales en 2020 seront déterminantes pour les élections législatives qui auront lieu une année plus tard en 2021. Les communales vont ainsi renseigner sur la popularité de chacune des formations politiques engagées dans la course électorale. Il faut également préciser que les présidents des communes sont généralement des candidats potentiels pour les élections législatives.

Leur proximité avec les citoyens dans les collectivités territoriales renforce le plus souvent les chances d’obtenir un siège au Parlement que ce soit à la Chambre des représentants ou bien à la Chambre des conseillers.

Actuellement, une bonne partie des présidents des conseils des grandes villes marocaines siège dans l’une des deux Chambres parlementaires. Enfin, il faut signaler que les résultats des élections communales et régionales ont automatiquement un impact sur la composition de la Chambre des conseillers.

Ce que dit la Constitution

Selon l’article 135 de la Constitution, «les collectivités territoriales du Royaume sont les régions, les préfectures, les provinces et les communes. Elles constituent des personnes morales de droit public et gèrent démocratiquement leurs affaires.

Les Conseils des régions et des communes sont élus au suffrage universel direct. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi, le cas échéant, en substitution d’une ou plusieurs collectivités mentionnées à l’alinéa premier».

Pour sa part, l’article 140 stipule que «dur la base du principe de subsidiarité, les collectivités territoriales ont des compétences propres, des compétences partagées avec l’Etat et celles qui leur sont transférables par ce dernier. Les régions et les autres collectivités territoriales disposent, dans leurs domaines de compétence respectifs et dans leur sort territorial, d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs attributions».

 

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