Elections: L’hécatombe des alliances continue

Elections: L’hécatombe des alliances continue

Décidément, les alliances politiques ne sont pas faites pour la vie partisane marocaine. Une nouvelle alliance politique fraîchement créée vient de s’effondrer à quelques jours des prochaines élections. En effet, le Parti équité et renouveau de Chakir Achahbar, le Parti libéral de Mohamed Ziane ainsi que le parti d’Al Ahd de Najib Ouezzani avaient annoncé une alliance politique fin juin dernier en perspective des législatives du mois d’octobre prochain avec à la clé des listes de candidats communes et un programme électoral commun. Mais coup de théâtre, à cinq semaines du scrutin, chaque parti décide de suivre son propre chemin. Ainsi, Mohamed Ziane, l’ancien ministre des droits de l’Homme dans les années 90, annonce le boycott des élections par son parti. Dans un communiqué de quelques lignes, le parti annonce tout simplement qu’il ne participera pas aux prochaines élections. Quelques heures seulement après, un autre parti membre de l’alliance crée la surprise sur la scène politique et partisane. Najib Ouezzani, secrétaire général du parti d’Al Ahd, apparaît sur une photo assis aux côtés de Abdel-Ilah Benkiran, chef de gouvernement et secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD).

Les deux hommes sont en effet entourés des membres du secrétariat général du PJD. Ce dernier annonce que le secrétaire général du parti d’Al Ahd conduira la liste locale du parti de la lampe dans la circonscription d’Al Hoceima. «Le secrétariat général du PJD se félicite de l’accord conclu avec le secrétaire général du parti Al Ahd qui a accepté de conduire la liste de notre parti à Al Hoceima», lit-on dans un communiqué diffusé par le PJD quelques instants après la tenue de la réunion au siège du parti à Rabat. La direction pjdiste avait déjà promis des surprises dans ses listes locales pour les élections. Après le choix porté sur Hammad Kabbaj, le salafiste qui conduira la liste du parti dans la circonscription de Guéliz à Marrakech, voilà donc Najib Ouezzani qui sera, lui, tête de liste dans la circonscription d’Al Hoceima. C’est la première fois probablement dans les annales de la vie politique et partisane du pays qu’un chef d’un parti politique toujours en exercice se porte candidat aux élections législatives pour le compte d’une autre formation politique. D’ailleurs, la loi ne prévoit rien dans ce genre de cas exceptionnel.

Cela dit, le parti de la lampe placera tous ses espoirs sur son nouveau candidat afin de gagner un siège et surtout placer un appui dans une ville où le PJD n’est pas très présent. Au cours des dernières élections locales et régionales, le parti avait enregistré dans la région l’un de ses plus faibles scores. De son côté, M. Ouezzani a déjà été député à la Chambre basse entre 2007 et 2011.

Elu à l’époque pour le compte de son parti, il décide de fusionner avec le Parti authenticité et modernité (PAM) après sa création en 2008 et en devient même président de son groupe parlementaire pendant un certain temps à la Chambre des représentants. Car Ouezzani, contre à toute attente, décide finalement de quitter le PAM et ressusciter le parti d’Al Ahd. Mais il faut dire que le poids électoral de cette formation reste limité puisqu’elle ne compte que quelques élus principalement dans la région de Al Hoceima. En attendant plus de détails sur le deal conclu entre MM. Benkiran et Ouezzani, une candidature de ce dernier au nom du PJD dans les prochaines législatives lui permettra de revenir sur le devant de la scène alors que le PJD augmentera ses chances de gagner un siège à Al Hoceima, l’un des fiefs électoraux du PAM.
A noter que les alliances pré-électorales ont quasiment toujours échoué depuis de longues années pour de multiples raisons alors que la majorité des coalitions au Maroc est formée après la publication des résultats des scrutins. L’alliance du Parti libéral, le Parti de l’équité et de la réforme ainsi que le parti d’Al Ahd rejoint ainsi la liste des alliances politiques qui n’ont pas abouti avec la particularité d’avoir échoué avant même d’aller aux élections législatives.

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