Femmes parlementaires : J’y suis, j’y reste !

Femmes parlementaires : J’y suis, j’y reste !

Des députées font le tour des chefs des partis politiques pour la parité mais aussi l’amendement de la loi afin de profiter de nouveau de la liste nationale

Après les jeunesses partisanes, c’est au tour des femmes parlementaires de défendre leur acquis. Et leur acquis est bien évidemment les sièges de la liste nationale avec un quota de 60 places dans la Chambre des représentants au Parlement exclusivement réservé aux femmes. Seul bémol, l’article 5 de la loi en vigueur stipule qu’une même femme ne peut pas profiter plus d’une fois de cette liste.

Un seul mandat est donc jugé très court pour de nombreuses députées qui mènent une campagne actuellement auprès des partis afin de recueillir l’appui des leaders politiques. «Le plaidoyer des femmes parlementaires contient deux principaux points. Le premier est relatif à la mise en œuvre du principe de la parité prévu par la Constitution de 2011 avec comme objectif d’arriver à une parité totale dans les institutions. Le second point concerne effectivement l’amendement de l’article 5 de la loi organique en vigueur», affirme une députée parlementaire à la Chambre des représentants.

Dans ce sens, une première rencontre a eu lieu avec le secrétaire général du PPS (Parti du progrès et du socialisme), Mohamed Nabil Benabdellah. «Les responsables du PPS ont été les premiers à répondre favorablement à la demande de rencontre. Nous attendons la confirmation d’autres responsables politiques. Sachant que la commission des femmes parlementaires prévoit également de rencontrer les représentantes des associations de défense des droits de la femme ainsi que des membres du gouvernement», ajoute la même source. Avec le lancement de cette campagne, c’est un vieux débat qui refait surface concernant la liste nationale.

Une rente ?

Si de nombreuses parlementaires affirment que la liste nationale rentre plutôt dans le cadre d’une discrimination positive afin d’assurer un minimum de présence féminine dans les institutions, d’autres y voint une forme de «rente politique». Mais au-delà de ce débat récurrent depuis la mise en place de la liste nationale en 2002, certaines députées affirment qu’il est grand temps aujourd’hui de changer d’approche à commencer par les partis politiques.

«Cette mentalité qui consiste juste à remplir les sièges réservés aux femmes au Parlement doit s’arrêter. Même si des femmes sont présentes sur le terrain et assument plus de responsabilité, certains responsables dans les partis politiques les orientent automatiquement à la liste nationale alors que les listes locales vont prioritairement aux hommes», explique une élue parlementaire. Et de poursuivre : «Je pense qu’il faut laisser aux partis politiques toute la latitude de faire les choix qui s’imposent concernant les candidatures des femmes pour le Parlement».

Reste à savoir si les partis politiques dans la majorité comme dans l’opposition seront sensibles aux appels des parlementaires concernant la parité ainsi que la révision de l’article 5 sur la liste nationale. En tout cas le temps presse. Les projets de lois électorales seront adoptés par le Conseil de gouvernement ce vendredi avant d’être transférés au Parlement.

Les nouveaux textes ont permis tout de même d’augmenter le quota des femmes de 15 sièges. Car en plus des 60 sièges de la liste des femmes, la moitié de la liste des jeunes, soit 15 sièges, ira également à la gent féminine.

Le PPS est d’accord pour porter le nombre de sièges réservés aux femmes à 90: Benabdellah soutient les femmes
Nabil-Benabdellah-2908-2013-04-12«Ma réunion avec les femmes parlementaires a porté essentiellement sur les moyens d’améliorer la représentativité féminine au Parlement». Les propos émanent de Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Pour l’actuel ministre de l’habitat et de la politique de la ville, la question de l’amendement de l’article 5 n’a été abordée «qu’accessoirement».

Il semble en tout cas que les députées ont réussi à avoir le soutien du numéro un du parti du livre pour l’amélioration de la participation de la femme dans le prochain Parlement. «Le PPS est tout à fait d’accord pour améliorer la représentativité féminine dans la future Chambre des représentants. je veillerai personnellement à soulever la question dans le cadre du Conseil de gouvernement d’aujourd’hui. Dans ce sens, une liste à 90 sièges pour les femmes me paraît une bonne piste», a t-il confié à ALM.

Quant à la question de la révision de l’article permettant aux femmes de se présenter plus d’une fois dans la liste nationale, Benabdellah explique que les femmes parlementaires actuelles ne cherchent pas à modifier la loi pour leur propre intérêt. «Il faut savoir que même si on venait à changer la loi, cela ne veut pas dire que les mêmes femmes vont revenir. Au PPS notamment, les candidatures obéissent à des règles où les candidats sont choisis à l’issue d’un vote», conclut-il.

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