Formation du gouvernement : Guerre des communiqués

Formation du gouvernement : Guerre des communiqués

Les derniers rebondissements avec les sorties du PAM, de l’UC, de l’USFP et de Benkirane

Le numéro un du PJD a de nouveau laissé entendre qu’il n’est pas d’accord avec la participation du parti de la rose au prochain gouvernement. Benkirane est même allé jusqu’à menacer Lachgar «de révéler le contenu de leurs échanges lors des rencontres précédentes».

Le week-end dernier a été très chaud sur le plan politique. Les partis et les responsables politiques ont multiplié les sorties au sujet de la formation de la nouvelle majorité. Alors qu’il dit ne pas être concerné par les concertations menées par le chef de gouvernement, le Parti authenticité et modernité (PAM) a appelé dans un communiqué publié dimanche matin à l’accélération de la formation d’un nouveau gouvernement.

«Il faut dépasser cette situation de chômage pour de nombreuses institutions, ce qui a un très grand coût sur les plans politique, économique et social», ont affirmé les responsables du parti à l’issue de la réunion conjointe des bureaux politique et fédéral du PAM samedi à Tanger. Le parti s’est également invité au débat qui accompagne les consultations menées par le chef de gouvernement désigné évoquant «la dangerosité de méthodes qui consistent à dresser les partis les uns contre les autres et créer la zizanie en leur sein». Cette sortie est venue quelques heures seulement après le discours du chef de gouvernement désigné et secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD). Abdelilah Benkirane s’en est pris à Driss Lachgar, premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Le numéro un du PJD a de nouveau laissé entendre qu’il n’est pas d’accord avec la participation du parti de la rose au prochain gouvernement. Benkirane est même allé jusqu’à menacer Lachgar «de révéler le contenu de leurs échanges lors des rencontres précédentes». Le chef de gouvernement a voulu ainsi répondre au communiqué de l’USFP diffusé vendredi.

Le parti avait affirmé dans ledit communiqué que «la formation du gouvernement n’est pas une question simple, ou tributaire des humeurs ou des considérations partisanes étroites. Il s’agit d’une grande responsabilité à l’égard de la nation et du peuple, qui ne peut être prise à la légère, sans observer les règles de courtoisie, de respect des institutions partisanes et de transparence et s’appuyer sur des programmes et projets clairs et des visions communes pour la gestion de la chose publique».

L’USFP avait également noté «avec regret, la domination d’une vision étroite dans le traitement d’une question d’une grande importance», expliquant que la majorité proposée par le parti du chef de gouvernement «est limitée numériquement (…) et reste en deçà des aspirations des Marocains qui aspirent à un gouvernement fort, capable de relever les grands défis auxquels fait face notre pays aux niveaux interne et externe». De son côté, l’Union constitutionnelle (UC) avait estimé que la formation du nouveau gouvernement sur la base de l’ancienne majorité est «une approche dénuée d’éléments de bon sens». «Toute approche de ce type, quels qu’en soient les causes et les raisonnements, est dénuée d’éléments de bon sens car elle fait fi de l’actualité partisane et de la dimension réelle des chiffres sur lesquels une telle approche est fondée», avait ajouté le parti dirigé par Mohamed Sajid qui s’est dit étonné que «l’opération de formation du gouvernement puisse aller jusqu’à façonner la carte partisane ou intervenir dans la construction ou la dissolution d’alliances entre partis».

Benkirane : «Le prochain gouvernement sera composé de la majorité précédente»

Le prochain gouvernement sera composé des partis de la majorité précédente uniquement, avait affirmé, vendredi dernier à Rabat, le chef de gouvernement désigné, Abdelilah Benkirane.

«La prochaine majorité sera composée du Parti de la justice et du développement (PJD), du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Mouvement populaire (MP) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS)», a précisé Benkirane dans une déclaration à la presse en marge d’un colloque national, qui a ouvert ses travaux sous le thème: «Le juge administratif: entre protection des droits et libertés et réalisation de l’intérêt général».

«J’ai discuté avec les secrétaires généraux des partis et j’attends leur réponse pour examiner les détails relatifs à la présidence du Parlement (Chambre des représentants) et aux portefeuilles ministériels», a-t-il indiqué, ajoutant que «les consultations ont pris un sens unique, notamment après la tenue du conseil national du parti de l’Istiqlal (PI)».

Le SG du PJD recadre sèchement Aftati

Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement a profité d’un événement de son parti samedi dernier pour dire tout le mal qu’il pense de l’ancien député pjdiste, Abdelaziz Aftati.

«Il me fatigue», a lancé Benkiran devant les membres de l’association des élus du PJD au complexe Moulay Rachid à Salé. «Il me pousse à aller très loin avec lui», a-t-il ajouté.

Le numéro un du PJD a voulu ainsi prendre ses distances avec Aftati connu pour ses sorties et déclarations causant toujours du tort à son parti.

«Il fallait observer plus de décence et de tact à l’égard de M. Aziz Akhannouch», a expliqué Benkirane au sujet des propos tenus par l’ex-député envers la présidence du Rassemblement national des indépendants (RNI).

Le PAM enfonce les Pjdistes poursuivis pour apologie du terrorisme

Dans son communiqué, le Parti authenticité et modernité (PAM) n’a pas hésité à réagir vis-à-vis de l’arrestation de membres de la Jeunesse du Parti de la justice et du développement (PJD).

Ces derniers sont, en effet, poursuivis pour apologie d’acte terroriste après leurs posts sur les réseaux sociaux se félicitant de l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie. «Le PAM insiste sur son indignation vis-à-vis des porteurs de pensée obscurantiste qui au lieu de faire montre d’une compassion envers les victimes des actes terroristes, font plutôt l’apologie de ces actes», a noté le parti dans son communiqué.

Allant encore plus loin, le PAM a fait savoir que «la violence verbale n’est que l’introduction à la violence matérielle et corporelle».

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