Gros scandale à la justice

Gros scandale à la justice

Enregistrements audio, allégations, révélations, règlements de comptes et dysfonctionnements… ce n’est pas un synopsis d’une série policière mais les résultats vrais d’une enquête supervisée par Mustapha Ramid au sein du ministère de la justice et des libertés. Flash-back.

Il y a quelques semaines, des enregistrements audio diffusés par un ingénieur au sein du ministère révèlent de supposés cas de corruption, de clientélisme et de dysfonctionnements dans plusieurs projets entre 2008 et 2011.

Les enregistrements font le tour des médias et le ministère de la justice et des libertés ouvre une enquête dont les résultats viennent d’être publiés. Bien que certains faits mentionnés dans les enregistrements aient été démentis par la commission d’enquête, cette dernière confirme dans son rapport plusieurs dysfonctionnements. C’est le cas notamment pour le projet de construction d’un tribunal de première instance à Benguerir.

«La commission d’enquête a constaté une mauvaise gestion de ce chantier dès son démarrage à commencer par l’établissement du bureau d’étude d’un cahier des charges sans la réalisation préalable d’une étude d’un laboratoire géotechnique», lit-on dans le rapport. «Le laboratoire en question n’a publié son étude sur la nature et la stabilité du terrain dans le site du chantier qu’après l’ouverture des plis de l’appel d’offres concernant les travaux de construction. Ceci a induit le changement des fondements du chantier générant par ricochet la perturbation de la bonne marche du projet», note la même source. Ces faits remontent à 2008 selon la commission d’enquête.

Mais les dysfonctionnements ne vont pas s’arrêter à ce niveau. En 2009, une nouvelle expertise effectuée par un autre bureau d’étude a conclu à la nécessité de construire une nouvelle cave dans une aile du tribunal pour soutenir ses fondements. L’opération a généré un surcoût du projet.

La commission d’enquête créée par Ramid s’est également intéressée à des supposés détournements dans une direction à Kénitra. L’un des enregistrements audio a concerné, en effet, une conversation entre un architecte et un agent de sécurité. Ce dernier affirmait qu’un camion transportait des matériaux vers une destination inconnue. Au cours des auditions, l’agent de sécurité va se raviser alors que l’architecte en question a dit que «le manque de matériel constaté n’est pas le résultat de détournement mais plutôt le fait d’une mauvaise gestion». En dépit de ces propos contradictoires, le ministère de la justice  et des libertés annonce qu’une autre commission sera dépêchée sur place pour vérifier les méthodes de la gestion des stocks.

Par ailleurs, la commission d’enquête affirme avoir reçu vers la fin de sa mission d’investigation une dénonciation contre l’architecte qui avait diffusé les enregistrements audio. Ce dernier aurait continué à travailler pour son propre compte même après son recrutement en 2008 par le ministère de la justice, ce qui est contraire au statut de la fonction publique. Après vérification, la commission d’enquête affirme que la personne concernée est effectivement restée propriétaire d’un cabinet privé jusqu’en 2010.

A noter enfin que le ministère de la justice avait annoncé il y a quelques jours que le directeur de l’équipement et de la gestion du patrimoine au ministère avait été relevé de ses fonctions à sa demande pour des raisons de santé. Même si le département de Mustapha Ramid a précisé dans un communiqué que ce limogeage n’a rien à voir avec les résultats de l’enquête, le timing de l’annonce a suscité plusieurs interrogations.

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