Islamisme : L’imbroglio politico-islamiste

Quand la politique se mêle à la religion et que le prêche se confond avec le discours électoraliste, cela donne un cocktail indigeste. Car, à force de vouloir convaincre un électeur avec des arguments religieux et de persuader un croyant avec des évocations politiques, tout s’entremêle et l’on se trouve dans une affaire similaire à ce qui se passe actuellement chez le Parti de la renaissance et de la vertu (Annahda Wal Fadila). Une formation qui a été créée, il y a juste quelques mois, par le dissident du PJD, le député pour Oujda, Mohamed Khalidi. Certains se rappelleront, peut-être, que ce dernier avait, du temps de son appartenance au parti de Saâd Eddine Othmani, tenté de créer un courant portant aussi la dénomination de la Vertu. Mais le projet n’avait pas abouti puisque la machine des mollahs du Mouvement Unicité et Réforme (MUR) alors dirigée par le fquih Ahmed Raïssouni lui avait barré la route.
Ayant perdu la bataille au sein du PJD, M. Khalidi décide alors de créer son propre parti. Pour certains observateurs, il n’avait plus le choix puisque les faucons du PJD avaient décidé de ne pas l’accréditer pour les élections de septembre prochain. Convaincu qu’il pouvait gagner les élections dans son fief à Oujda même s’il n’est pas soutenu par les islamistes du PJD, il rassembla autour de lui d’autres mécontents et proclama la création du PRV.
Mais, au bout de quelques mois, il se rendit compte que pour calquer un parti sur le modèle du PJD, il lui manquait un élément très important : un fquih. Un Raïssouni à lui. Après plusieurs tentatives de recrutement frustrées, il est tombé sur le profil idéal : un fquih de grand calibre. Il s’agit d’Abdelbari Zemzmi. Un Alem. Un vrai, dont personne ne met en doute les aptitudes théologiques. Mais dès que M. Zemzmi annonça sa candidature dans la circonscription de Casablanca-Anfa sous la bannière du PRV, on lui rappela qu’il avait déclaré, juste quelques jours auparavant,  et les déclarations d’un Alem font acte de Fatwa, que les ouléma ne devraient pas se présenter aux élections. Il se trouva alors devant un dilemme : suivre sa propre fatwa ou se trouver une manière d’échapper à son propre piège. Et, il trouva la manière. Une jurisprudence qui entrera dans les annales de la «Chariâa politique». Il a indiqué avoir décidé de demander l’autorisation du ministre des Habous et des Affaires islamiques avant de se présenter aux élections. Une stratégie très intelligente. Si le ministre lui déconseille de se présenter, on l’érigera en victime politique puisque cela sera interprété comme une interdiction officielle. Et si Ahmed Toufiq l’y autorise, cela sera considéré comme une bénédiction officielle de sa candidature vu le statut particulier du ministère des Affaires islamiques.
En fait ce mélange religion-politique finit par donner ce genre d’imbroglios qui ne font que compliquer la vie à l’électeur. C’est ce qui a fait que l’on ait inventé la laïcité. Parce qu’elle décomplique la question politique. C’est très simple.

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