Istiqlal : Le conseil de la présidence paralysé ?

Istiqlal : Le conseil de la présidence paralysé ?

Il ne compte plus qu’un seul membre alors que tous les autres sont décédés

Le vide laissé devra davantage se faire ressentir lors des prochaines semaines sachant que les istiqlaliens ne sont pas encore parvenus à un accord définitif autour de l’identité du prochain secrétaire général.

Quel avenir pour le conseil de la présidence du parti de l’Istiqlal (PI) ? La question va sans nul doute se poser lors du prochain congrès du parti de la balance. Si le secrétaire général du parti ainsi que certains noms du comité exécutif sont les plus médiatisés, le conseil de la présidence travaille, quant à lui, dans l’ombre en regroupant de grands noms du parti, ceux ayant été parmi les fondateurs du parti.

Seul bémol, le conseil ne compte désormais plus qu’un seul membre, en l’occurrence M’hamed Douiri. Né en 1926 à Fès, il fut membre du tout premier gouvernement du Maroc indépendant dans les années cinquante du siècle dernier. Il siège depuis des années au conseil de la présidence du parti de l’Istiqlal. Il y a côtoyé des dirigeants comme Abou Bakr El Kadiri (1913-2012), M’hamed Boucetta (1925-2017) ou encore Abdelkrim Ghellab (1919-2017). Ces derniers étant tous morts, le conseil ne compte plus qu’un seul membre. Alors que la création de cette instance avait plutôt des buts honorifiques, notamment pour remercier des membres avec un long parcours au sein des instances istiqlaliennes, le conseil de la présidence n’en demeure pas moins une structure centrale dans le fonctionnement du PI. Les membres du conseil étaient ainsi très influents et leurs avis le plus souvent pris en considération avant la prise de décisions stratégiques comme la participation ou non dans les majorités gouvernementales successives. Dans ce sens, le conseil de la présidence avait été propulsé sur le devant de la scène durant les derniers mois. M’hamed Boucetta avait ainsi joué un rôle aux côtés de Abdelkrim Ghellab, dans le rapprochement des points de vue entre les différents courants se livrant à une bataille sans précédent au niveau du parti de l’Istiqlal. Ces deux derniers sont partis alors que la bataille fait toujours rage en perspective du prochain congrès général du parti de la balance. Le vide laissé devra davantage se faire ressentir lors des prochaines semaines sachant que les istiqlaliens ne sont pas encore parvenus à un accord définitif autour de l’identité du prochain secrétaire général. C’est la raison pour laquelle la question de l’avenir du conseil de la présidence se posera avec acuité lors du prochain congrès. Avec un seul membre, cette structure ne peut plus jouer son rôle pleinement.

L’élection des membres du conseil de la présidence se déroule généralement au cours des congrès nationaux du parti. Quels seront alors les prochains membres du conseil ? Ce dernier est-il condamné à disparaître puisque la majorité des doyens du parti n’est plus de ce monde ? Ce sont là autant de questions que les congressistes devront trancher. Il faut dire cependant que l’élection au sein du conseil de la présidence n’est pas une chose aisée. Candidat à rejoindre le conseil de la présidence lors du dernier congrès général en 2012, Abbas El Fassi, ancien secrétaire général du parti (1998-2012) et ex-Premier ministre (2007-2011), n’avait finalement pas été officiellement élu pour des raisons qui n’ont pas été dévoilées à l’époque.

En plus d’El Fassi, d’autres noms peuvent être éligibles comme Abdelouahed El Fassi, ancien ministre et fils du fondateur du PI ou encore Hamid Chabat, l’actuel secrétaire général qui à défaut d’être réélu, pourrait bien se contenter d’un siège au conseil de la présidence. Une chose est sûre en tout cas. Les membres du conseil de la présidence de l’Istiqlal ont toujours joué le rôle de sages dans les différends qui ont opposé les instances dirigeantes de l’Istiqlal. La question aujourd’hui est de savoir si le parti est capable de gérer ses tiraillements en interne sans l’intervention des doyens. La réponse sera probablement connue au prochain congrès.

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