La majorité accuse l’opposition de bloquer le Parlement

La majorité accuse l’opposition de bloquer  le Parlement

Le torchon brûle toujours entre la majorité et l’opposition. Quoi de plus normal, dira-t-on. Oui mais la tension entre les deux parties est en train de prendre une autre dimension et qui menace même la bonne marche du Parlement. Pour la majorité parlementaire composée du Parti de la justice et du développement (PJD), le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Mouvement populaire (MP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l’opposition entrave l’action législative.

Les quatre formations s’appuient dans leur accusation sur les deux incidents qui ont émaillé la dernière réunion de la commission permanente de l’Intérieur, des collectivités locales et la politique de la ville ainsi que la séance plénière réservée au questionnement du gouvernement à la Chambre des représentants. Dans un communiqué diffusé hier, les partis de la majorité affirment que face «aux difficultés rencontrées par l’action du Parlement en raison de l’obstination de certaines forces de l’opposition à violer les règlements encadrant le travail parlementaire, la majorité assumera ses responsabilités pour veiller à la préservation du rythme normal du travail législatif et son accélération lorsque l’intérêt du pays l’exige».

La majorité n’a pas manqué aussi de nuancer un peu ses propos. «Nous insistons sur notre volonté de privilégier l’esprit de consensus, de coordination et de la participation de tous dans les grands chantiers», ajoute la même source. Si la majorité réagit de cette manière, c’est parce que les groupes parlementaires de l’opposition s’étaient retirés il y a pratiquement une semaine des travaux de la réunion de la commission parlementaire de l’Intérieur. Le parti de l’Istiqlal (PI), le Parti authenticité et modernité, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et l’Union constitutionnelle ont voulu à travers leur retrait protester contre le traitement accordé par le gouvernement et sa majorité à leurs propositions de loi.

L’opposition accuse le gouvernement  de violation de l’article 128  du règlement intérieur de la Chambre des représentants, stipulant l’examen des propositions et des projets de loi soumis à la Chambre des représentants par ordre de présentation. Le PI et l’USFP avaient déposé le 23 septembre une proposition de loi pour la création de l’Instance nationale de supervision des élections. Pourtant, disent les partis de l’opposition, la dernière réunion de la commission de l’Intérieur a été réservée à un projet de loi relatif à la révision des listes électorales, déposé le 1er octobre par le gouvernement et soumis à la commission deux jours après.

De son côté, la majorité affirme dans son communiqué qu’elle ne ménagera aucun effort pour garantir la réussite de toutes les prochaines étapes politiques ainsi que les projets et propositions de lois qui vont avec, dans le cadre d’un dialogue serein et loin de toute surenchère politique. Il faut dire que cette position de la majorité contient des messages codés et peut donc être interprétée de manière différente.

L’interprétation et la réaction de l’opposition parlementaire ne devraient pas trop tarder puisque cette dernière doit se réunir au cours de la journée du lundi pour trancher. Affaire à suivre.

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