L’amnésie de Nabil Benabdallah

L’amnésie de Nabil Benabdallah

Il présente les échecs de son parti comme des exploits

Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Nabil Benabdallah, s’est essayé samedi, à Marrakech, à l’art de devenir un tribun. Sauf que le numéro un de l’ancien parti communiste a complétement raté le coche. Benabdallah a dressé un bilan rose de l’apport de son parti depuis 1998 dans les domaines de la santé, l’emploi et l’habitat.

Emporté par son enthousiasme, Benabdallah a sans nul doute oublié que la quasi-totalité des rapports nationaux et internationaux évoque de grandes difficultés dans ces secteurs précis.

Or il se trouve que ces secteurs ont été gérés au moins depuis 2012 par des responsables et ministres PPS dont lui-même. Faut-il rappeler que Mohamed Nabil Benabdallah était ministre de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville avant d’être débarqué il y a quelques mois. Pourtant, cela ne l’a pas empêché d’affirmer que «des efforts énormes ont été consentis» dans le secteur dont il a eu la charge durant plus de six ans.

De même, le ministère de l’emploi a été géré entre 2012 et 2016 tour à tour par deux ministres qui sont Abdelouahed Souhail et Abdessalam Seddiki. Or, les taux de chômage sont en train de battre des records, notamment parmi les jeunes et les diplômés. Plus loin encore, le responsable et en dépit de la longévité de son parti au sein des gouvernements successifs, a appelé à œuvrer pour la mise en place d’instances politiques capables d’adopter un discours persuasif permettant de redonner aux citoyens confiance en l’action politique et qui répond à leurs aspirations et attentes !

Difficile à comprendre de la part d’un responsable politique plusieurs fois ministre et dont le parti prend part aux gouvernements successifs depuis deux décennies, ses critiques sur la politique de redistribution des richesses et l’enrichissement d’une catégorie «de manière légale et illégale».

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que le responsable s’est bien tiré une balle dans le pied sans le savoir. A noter enfin que le SG du PPS s’exprimait  à l’occasion d’une rencontre de communication organisée par la section provinciale du PPS à Marrakech.

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