Le Maroc donne une chance à la paix

Le Maroc a pris les devants dans l’affaire du Sahara en proposant une initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara. L’approche marocaine a pris de court le Polisario et l’Algérie qui ont été dans l’incapacité d’avancer des contre-arguments et qui se sont rabattus sur des issues qualifiées d’inapplicables depuis des années par la communauté internationale. Le Maroc, pour l’élaboration de cette initiative, a commencé par des concertations élargies avec les acteurs politiques et les populations du Sahara à travers le Corcas. Dans le document soumis à Ban Ki-moon, il affirme qu’il ne s’agit nullement de quelque velléité d’imposer une solution unilatérale, mais de proposer une base pour des négociations et une solution concertée avec les autres parties. Le Maroc affirme aussi que cette initiative n’écarte pas le principe de l’autodétermination, mais selon une approche moderne et innovante. Les négociations, la bonne foi des autres parties aidant, pourraient déboucher sur la mise en place d’un conseil transitoire représentatif qui veillera au déroulement du référendum autour du statut d’autonomie et aux élections qui dégageront les instances législative, exécutive et judiciaire de la région du Sahara. Avec cela le Maroc apporte son engagement à prendre toutes les mesures nécessaires pour l’aboutissement du statut d’autonomie et dont le rapatriement et la réintégration de tous les Sahraouis se trouvant à l’étranger, une amnistie générale à la clé.
Pour les grandes lignes du statut d’autonomie, susceptibles d’évolution au fil des négociations, le Maroc s’inspire largement des expériences de pays proches culturellement, mais aussi des normes et standards internationaux en la matière.
La région du Sahara jouira d’une autonomie des plus élargies. Un Parlement représentatif issu d’un mode de scrutin mixte impliquant les habitants de la région, un chef de gouvernement élu par l’appareil législatif et des juridictions respectueuses des spécificités du Sahara.
La région autonome du Sahara aura également à sa disposition les ressources financières susceptibles de lui assurer prospérité et pérennité. Outre les ressources qui lui sont propres, elle pourra compter sur le principe de la solidarité nationale et initier des relations de coopération avec d’autres régions autonomes du monde en concertation avec le pouvoir central. La région autonome et ses habitants participeront aux institutions nationales où ils seront représentés. Comme ils seront sollicités lors des diverses consultations électorales du pays. Le Maroc promet, en définitive, "une réinsertion complète au sein de la collectivité nationale, dans des conditions garantissant (aux Sahraouis) leur dignité, leur sécurité et la protection de leurs biens".     
L’Etat, à l’instar de toutes les expériences internationales, gardera l’exclusivité des prérogatives relatives à la défense, aux affaires étrangères et aux symboles de la nation (hymne et drapeau). Le Maroc s’engage aussi à institutionnaliser le statut d’autonomie par la voie d’un amendement de la Constitution.
Par-dessus tout, le Maroc a enrichi son initiative-base de dialogue des rencontres tenues par ses délégations avec les responsables de dizaines de pays du monde. C’est ce qui a fait que les capitales qui comptent sur l’échiquier international ont adhéré à cette initiative: Madrid, Paris, Washington, pour ne parler que de ces dernières. Le monde entier est convaincu aujourd’hui du sérieux de la démarche marocaine qui n’impose rien à personne, mais qui innove pour clore un conflit vieux de plus de trois décades pour le bien des populations sahraouies et pour la stabilité de toute la région.
Dos au mur, le Polisario et l’Algérie ont de nouveau eu recours aux éternelles tergiversations avec cette nouveauté qui consiste en un "plan" bâclé à Alger mêlant du Baker à du Bouteflika. Le Conseil de sécurité tranchera dans les jours à venir.

 

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