Le nomadisme électoral continuera

Le nomadisme électoral continuera

ALM : La transhumance a t-elle la peau dure ?
 

Ahmed Bouz : Il s’agit d’un phénomène récurrent à l’approche d’une échéance électorale. Il est vrai que des mesures ont été déjà prises pour lutter contre la transhumance politique. Mais ces mesures ont montré leurs limites du moment qu’elles ne concernent que les parlementaires. Les élus locaux gardent, pour leur part, plus de liberté si je puis dire dans le changement d’appartenance politique. Même les parlementaires peuvent aussi changer de couleur ou d’appartenance politique à la fin de leur mandat au Parlement. Au final donc, «les nomades» continueront de changer un parti pour un autre quelles que soient les mesures adoptées pour lutter contre ce phénomène.

Est-ce que vous trouvez normal que des élus quittent un parti pour un autre membre d’une même alliance ?

Cette problématique est aujourd’hui sérieusement posée. C’est le cas notamment pour le RNI et le MP. Il faut dire que des passerelles ont toujours existé principalement pour une catégorie d’élus ou de candidats composée des notables. Ces derniers sont constamment en mouvement à la recherche de plus de garantie. Il y a aussi le mode de scrutin par liste qui pousse certains candidats mal classés à changer de formation à la recherche d’un meilleur positionnement puisque les premiers de la liste ont toujours de meilleures chances d’être élus. Il ne faut pas oublier aussi que la nature de liens entretenus par cette catégorie de candidats potentiels avec certains partis ne repose pas sur des fondements idéologiques. Dans ce genre de situation, le candidat est en position de force puisque c’est lui qui offre à un parti la garantie de gagner un ou plusieurs sièges.

Est-ce que cela peut avoir un impact sur la majorité actuelle ?

Nos partis politiques ont toujours su mettre en place une limite entre les clivages politiques à l’échelle nationale et la construction de coalition à un niveau local. Ce fut le cas pour le PJD.
Alors que ce dernier était en pleine confrontation avec le PAM au lendemain du scrutin de 2009, les deux partis n’ont pas hésité à coordonner leurs actions, notamment à Marrakech.

Si l’on remonte plus loin, les membres de la Koutla ont scellé des alliances à l’échelle locale tout à fait contradictoires avec leur choix à l’échelle nationale. Je pense donc que les alliances post élections du mois de septembre prochain ne vont pas trop déroger à la règle.

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