Les candidats du «gouvernement» aux élections

Les candidats du «gouvernement» aux élections

Le gouvernement est en vacances. Mais pas de répit pour certains ministres qui profitent de leur congé pour préparer leurs campagnes électorales. En effet, ils sont quatorze ministres à se présenter aux élections communales et régionales le 4 septembre prochain. Tous les partis de la majorité gouvernementale seront représentés lors du prochain scrutin. C’est le Parti de la justice et du développement (PJD) qui met sur le devant le plus de ministres avec cinq candidats. Certains sont des habitués à l’instar de Aziz Rabbah. Le ministre de l’équipement, du transport et de la logistique dirige depuis 2009 la mairie de la ville de Kénitra.

C’est le cas aussi de Lahcen Daoudi, le ministre de l’enseignement supérieur, qui a choisi Béni-Mellal, la ville où il avait été élu en tant que parlementaire en 2011. Le ministre délégué au budget, Idriss El Azami, sera pour sa part tête de liste dans la ville de Fès où il aura la dure tâche de concurrencer le maire istiqlalien de la ville Hamid Chabat. Les deux derniers ministres candidats sont Abdelaziz Omari, ministre des relations avec le Parlement et la société civile, qui se présente dans son fief électoral à Hay Mohammadi à Casablanca et Bassima Hakkaoui qui connaîtra son baptême de feu dans sa ville natale à Fquih Bensaleh. La ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social sera en course avec un autre ministre du Mouvement populaire (MP).

Le ministre délégué chargé de la fonction publique se présente également dans son fief à Fquih Bensaleh dont il est le président du conseil provincial. Le MP fera entrer dans la compétition trois autres ministres, à savoir Driss Maroune, ministre de l’aménagement du territoire, dans la ville de Taounate, Khalid Barjaoui, ministre délégué chargé de la formation professionnelle, à Témara et Mohand Laenser, ministre de la jeunesse et des sports, à Immouzer Marmoucha. «J’aurais préféré prendre du recul lors des prochaines élections mais il fallait aussi respecter la décision des militants de ma circonscription», a confié M. Laenser à ALM. Pour sa part, le Rassemblement national des indépendants (RNI) présentera trois de ses ministres dont deux femmes. Le ministre délégué au commerce extérieur, Mohamed Abbou, brigue de nouveau un mandat à Taounate alors que la ministre de l’artisanat, Fatima Marouane, sera candidate à Casablanca.

Enfin, Mbarka Bouayda, ministre déléguée aux affaires étrangères sera en lice dans la ville de Goulmim au sud du pays. Enfin, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) devra être représenté par deux ministres, à savoir Abdesslam Seddiki, ministre de l’emploi et des affaires sociales, qui se présente dans sa ville natale, Taza et El Houssaine Louardi, ministre de la santé, que le parti compte présenter à Casablanca. «Nous allons tout faire pour convaincre le camarade Louardi de se présenter à Casablanca», explique Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS. Et de conclure: «Le parti voulait également présenter Mohamed Amine Sbihi à Salé mais il a préféré céder sa place au président du groupe parlementaire de notre parti à la première Chambre».

Ministre et président de région, c’est impossible!

Les quatorze ministres en lice pour les élections communales et régionales savent qu’ils ne pourront jamais devenir président de l’une des 12 régions du pays. Et pour cause.
La loi organique des régions qui vient d’entrer en vigueur institue une incompatibilité entre les deux fonctions. Autrement, il est interdit par la force de la loi pour un ministre de cumuler en même temps une fonction ministérielle avec le mandat de président d’une région. L’article 17 de la loi organique des régions est clair sur ce point. «(…) Il est interdit de cumuler le mandat de la présidence d’une région avec une fonction ministérielle ou un mandat à la première Chambre et la deuxième Chambre parlementaires ou même un mandat au Conseil économique, social et environnemental(…)», indique l’article en question. Il faut préciser, par ailleurs, que la loi organique institue une même incompatibilité avec la présidence d’une collectivité territoriale, un arrondissement ou une Chambre professionnelle.

Les anciens ministres aussi

Plusieurs anciens ministres seront en lice lors du scrutin du 4 septembre prochain. C’est le cas pour Lahbib Choubani. L’ancien ministre des relations avec le Parlement et la société civile se présente à la fois sur la liste communale et régionale de son parti. Parlementaire représentant Errachidia depuis de longues années, il se présente localement dans la petite ville de Midelt. Il sera également sur la liste PJD pour la région Draâ-Tafilalet. Mohamed Ouzzine, ancien ministre de la jeunesse et des sports, est également en lice.

Elu de la ville d’Ifrane, le coordinateur régional du Mouvement populaire pourrait créer la surprise en se présentant sur les listes de son parti dans la région de Rabat. Plusieurs autres anciens ministres seront également présents. Il s’agit notamment de Moncef Belkhayat. Tête de liste du RNI dans l’arrondisement de Casa-Anfa, il figure également en bonne position sur la liste régionale. C’est le cas également pour l’ancienne ministre de la santé, Yasmina Baddou, qui s’inscrit dans le même arrondissement alors que son ancien collègue, Karim Ghellab, se présente dans l’arrondissement de Sbata à Casablanca. L’ancien ministre de l’équipement et du transport reste aussi un sérieux candidat pour la présidence de la région. Enfin, l’ancien ministre de l’industrie et du commerce, le RNIste Rachid Talbi Alami, se présentera à Tétouan.

Ces secrétaires généraux qui bravent les élections

Plusieurs secrétaires généraux de partis politiques seront également en lice lors des prochaines élections. Si les leaders de l’opposition se présentent pratiquement tous, seul un secrétaire général d’un parti de la majorité gouvernementale sera dans la course. Il s’agit bien évidemment de Mohand Leanser, secrétaire général du Mouvement populaire.

Les autres SG notamment Abdel-Ilah Benkiran, numéro un du PJD, ne pourra pas se présenter en raison de ses fonctions à la tête du gouvernement tout comme Salaheddine Mezouar, président du RNI, dont la fonction en tant que ministre des affaires étrangères ne lui permet pas de briguer un mandat local. De son côté, Mohamed Nabil Benabdellah, SG du PPS, a délibérément choisi de rester en dehors de la course.

«Je ne pourrais pas me présenter puisque je serais occupé à défendre les chances de notre parti et animer les meetings partout au Maroc», affirme le ministre de l’habitat et de la politique de la ville. Pour leur part, les leaders de l’opposition seront tous présents. Hamid Chabat, SG de l’Istiqlal, sera candidat dans son fief à Fès alors que Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP, a choisi Guelmim. Enfin, le secrétaire général du PAM, Mustapha Bakkoury, sera candidat à Casablanca.

 

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