Les délires de « El Mundo » continuent

Environ de 70 Espagnols purgent leur peine dans les prisons nauséabondes du Maroc, où ils dorment sur le sol entourés de cafards. Soumis presque quotidiennement à des traitements humiliants, beaucoup d’entre eux sont torturés par des policiers qui essayent de leur extraire des fausses confessions. D’autres doivent céder au chantage des juges et des geôliers pour obtenir un traitement pénitentiaire qui est impensable, car humiliant, dans n’importe quel pays occidental. Beaucoup d’entre eux ne sont pas coupables.
“El Mundo” publiait hier l’histoire d’un chauffeur et un touriste espagnols que la police du régime alaouite a emprisonné pour trafic de stupéfiants. Personne ne leur a jamais montré la drogue qui les a conduits à la prison. Pourtant, ils ont été soumis à un interrogatoire inhumain. Ils leur ont bandé les yeux, ils leur ont mis du courant électrique dans les pieds et ils les ont frappés sans pitié jusqu’à ce qu’ils aient perdu connaissance. Lors du procès, les choses ne vont pas mieux.
Tous se plaignent de la corruption monstrueuse des magistrats marocains et du fait que si quelqu’un a de l’argent, il lui est facile de sortir en liberté sans charge. Un des prisonniers espagnols affirme avoir payé sous la menace – sans succès – autour de 3.000 euros, quatre bouteilles de whiskey, une chemise et une cravate au juge chargé de son cas. Il assure que le juge lui-même lui a dit que s’il lui amenait de l’Allemagne une voiture Mercedes, il le libérerait.
Dans un panorama pareil, il paraît logique de se demander : que fait pour eux le gouvernement espagnol. Ce dernier, qui renforce les liens avec le Maroc, invite Mohammed VI aux célébrations du 11 mars et lisse le chemin de Rabat vers l’annexion définitive du Sahara. L’opinion publique commence à avoir la sensation que la cordialité qui marque les relations hispano-marocaines, depuis l’arrivée de Zapatero au pouvoir, n’aide pas à améliorer les points de conflit entre les deux pays.
En plus d’un contrôle ferré de l’immigration et une demande de collaboration dans les investigations sur le 11 mars, le gouvernement espagnol devrait profiter de ses liens avec Rabat pour que les prisonniers qui purgent leur peine actuellement au Maroc soient rapatriés en Espagne.
En attendant, tout geste de bonne volonté envers le voisin du Sud sera interprété par les citoyens comme une simple connivence avec laquelle il enfreint les droits humains. Abou Ghraib existe aussi au Maroc.

• Pedro J. Ramirez

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