Les membres de cabinets en attente: De hauts fonctionnaires mis au chômage

Les membres de cabinets en attente: De hauts fonctionnaires mis au chômage

Ils sont au moins une centaine de cadres, dont la plupart sont rentrés chez eux en attendant de nouvelles opportunités. La moitié d’entre eux, recrutés par les ministres PJD, ne devrait cependant pas rencontrer beaucoup de difficultés à trouver un nouvel emploi dans les cabinets des ministres de leurs partis.

Le 26 octobre, il a été demandé aux membres des cabinets des douze ministres qui ont quitté leurs postes, cinq jours plus tôt, de rester chez eux. Leurs fonctions étant arrivées à terme avec le départ de leurs ministres, devenus députés depuis le 7 octobre. Ils sont subitement devenus des étrangers vis-à-vis de leurs administrations et ne peuvent y accéder qu’en tant que simples citoyens et dans le cadre de ce que permet la loi. Ils sont au moins une centaine de cadres, dont la plupart sont rentrés chez eux en attendant de nouvelles opportunités. La moitié d’entre eux, recrutés par les ministres PJD, ne devrait cependant pas rencontrer beaucoup de difficultés à trouver un nouvel emploi dans les cabinets des ministres de leurs partis.

Pour les autres, c’est peut-être une expérience qui ne pourra plus se renouveler. Qui sont ces fonctionnaires au statut bien particulier ? Comment sont-ils recrutés ? Et quels sont leurs appointements ? Avant de répondre, il faut préciser que le personnel des cabinets des membres du gouvernement est régi par le dahir n° 1.74.331 du 23 avril 1975, qui n’a jamais été publié au Bulletin officiel. En vertu de ce texte, chaque ministre ou ministre délégué peut recruter huit personnes pour son cabinet.

Il s’agit d’un chef de cabinet, cinq conseillers techniques, un chargé de communication et un chef de secrétariat  particulier. Les membres du gouvernement peuvent également contracter des chargés d’études et de missions pour des actions ponctuelles, mais qui s’éternisent généralement jusqu’à la fin du mandat. Contrairement aux premiers, leur nombre n’est pas fixé par la loi, mais ils bénéficient du même traitement au niveau des indemnités et des salaires. Ils doivent néanmoins faire montre d’une expérience professionnelle de dix ans dans leur domaine et être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur à la licence. Quand c’est un cadre titulaire d’un diplôme de troisième cycle, une expérience minimale de cinq années est suffisante. Quant aux autres membres, la production d’une copie de leur carte d’identité suffit pour leur recrutement. Ce qui fait que ces postes sont souvent détournés pour servir de récompenses pour services rendus aux ministres, aux chefs de partis et aux partis politiques en général. Dans la plupart des cas, quand ce ne sont pas des proches du ministre, ce sont des membres de la jeunesse de son parti. C’est une rétribution de leur engagement électoral et de leur fidélité à la direction du parti. Et leur poste se transforme, dans bien des cas, en tremplin pour un autre plus stable et plus rémunérateur dans la fonction publique. Il est, en effet, des membres de cabinets qui finissent leur carrière comme directeurs ou même inspecteurs dans leurs ministères, voire parlementaires élus sur la liste nationale.

Des salaires entre 8.000 et 16.000 DH pour le personnel des cabinets

Autrement, le poste de « cabinard » représente, sauf dans de rares cas, une planque pour les militants avec, quand même, un salaire substantiel. Dans le texte, le salaire mensuel brut du chef de cabinet est fixé par la loi à 16.000 DH et celui du conseiller et du chargé d’études à 12.000 DH. Quant au chef de secrétariat particulier, il perçoit 8.000 DH. Mais il faut dire que ces salaires ont connu une évolution. De toutes les manières, les salaires réellement perçus vont bien au-delà. En effet, la plupart des membres des cabinets perçoivent régulièrement des indemnités forfaitaires de déplacement qui varient entre 2.000 DH et 15.000 DH supplémentaires par mois.

A part les fonctionnaires, qui vont cependant galérer avant de réintégrer leur poste, les autres doivent tout bonnement chercher un autre travail. Ils cèdent leur place aux nouveaux, qui eux aussi doivent patienter quelque temps avant de recevoir leurs premiers salaires. Les premiers salaires tombent, en effet, après l’adoption de la nouvelle loi de Finances.

En plus des cabinards, et avec le nouveau décret relatif aux fonctionnaires contractuels, chaque ministre a droit, en sus, au recrutement de 12 experts pour une durée de quatre années. Il peut également faire appel à des auxiliaires, également sous contrat, pour la même durée et selon le nombre de postes budgétaires qu’il peut dégager dans le cadre du budget sectoriel de son département.

Par ailleurs, une catégorie du personnel du Parlement se retrouve également dans une situation identique à celle des cabinards. Ce sont les fonctionnaires rattachés aux groupes parlementaires. Leur recrutement est soumis au bon vouloir des partis concernés, ils sont également, en général, des membres de la jeunesse des partis et certains militants qui se trouvent au bout du rouleau et même des anciens parlementaires. Selon les procédures en vigueur, chaque groupe peut recruter un fonctionnaire pour trois députés. Et lorsque le groupe perd en nombre, comme c’est le cas de l’USFP, du MP de l’UC et accessoirement du RNI, leur nombre diminue également. Pour le PPS qui ne dispose plus d’un groupe, les fonctionnaires recrutés par son groupe ne doivent, théoriquement, plus relever du Parlement. A moins d’être recrutés dans le cabinet du président de la Chambre ou reversés, après concours, dans le staff administratif de la Chambre. 

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