«Les propositions gouvernementales sont sévères»

«Les propositions gouvernementales  sont sévères»

ALM : Pourquoi avoir trop attendu pour officialiser votre mémorandum sur la réforme des retraites ?
 

Abdessamad Lamrimri : Je tiens tout d’abord à préciser que le mémorandum de l’UNTM vient suite à la demande adressée par le chef de gouvernement aux syndicats, les invitant à donner leurs suggestions concernant les propositions gouvernementales relatives à la réforme paramétrique du régime civil des retraites dans la Caisse marocaine des retraites (CMR). Nous pensons à l’UNTM qu’il est aujourd’hui possible de revoir les propositions gouvernementales, de sorte à les rendre moins sévères à appliquer pour les fonctionnaires. Il est vrai que la réforme est vitale pour la pérennité de notre système de retraite et que tous les acteurs concernés doivent, de ce fait, participer au débat dans le cadre d’une approche responsable. Mais je réitère une nouvelle fois que les propositions gouvernementales mises sur la table aujourd’hui sont sévères.

Qu’est-ce que vous proposez pour dépasser la sévérité de ces mesures ?

Il faut toujours garder à l’esprit que nous sommes face à une réforme paramétrique destinée à retarder le déficit des caisses de retraite de quelques années. Ces mesures ne sont pas la solution. Il faut donc une réforme globale qui passe par la mise en place d’un pôle public de retraite. La réforme paramétrique qui doit préparer le terrain devant cette réforme globale est aussi nécessaire. Mais nous trouvons que les nouveaux paramètres proposés par l’Exécutif peuvent être changés. Le gouvernement affirme que ces mesures vont soulager les caisses de la CMR jusqu’en 2022 à travers les quatre mesures concernant notamment l’âge, le calcul de la pension et les cotisations. Nous pensons à l’UNTM qu’il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’en 2022 et qu’on pourrait prévoir un plan de sauvetage valable jusqu’en 2019 ou 2020 avec une réforme paramétrique moins sévère.

Est-ce que vous voulez ainsi éviter le rallongement de l’âge de départ en retraite ?

On ne peut pas parler pour le moment d’une, de deux ou cinq années supplémentaires pour le départ à la retraite puisque ce paramètre dépend des autres paramètres et de la durée de la réforme. Les propositions actuelles retiennent l’âge de 62 ans parce qu’elle s’inscrivent dans le cadre d’une réforme paramétrique destinée à résorber le déficit, au moins jusqu’en en 2022.
L’UNTM pense qu’il faut plutôt tabler sur une réforme paramétrique jusqu’en 2019 qui permettra de ce fait de proposer une réforme plus soft. Par ailleurs, il est indispensable que ces mesures soient accompagnées par des avantages aux fonctionnaires à travers, notamment, la mise en place d’un nouveau grade, la révision de la grille des salaires et la prise en compte de la pénibilité dans certains métiers.

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