Maroc et Polisario à huis clos

C’est aujourd’hui que démarrent les négociations directes entre le Maroc et le Polisario à Long Island comme l’avait recommandé la résolution 1754 du Conseil de sécurité de l’ONU. Selon plusieurs porte-parole de l’organisation onusienne, le secrétaire général de cette dernière n’assistera pas à ces négociations, mais suivra, de «très près» l’évolution de cette première prise de contact entre les deux parties. Ban Ki-moon a, par contre, chargé son envoyé spécial pour le Sahara, le Néerlandais Peter Van Walsum, de diriger les négociations qui se dérouleront à huis clos. C’est ce qu’a annoncé, vendredi, Marie Okabe, l’une des porte-parole de Ban Ki-moon qui a affirmé que le huis clos a été décidé «à la demande des parties». Selon la presse américaine, et internationale accréditée à New York, le lieu de ces négociations n’a pas été dévoilé même si plusieurs sources parlent de «Green Acres», à Manhasset. Selon l’ONU, les journalistes ont été priés de rester à l’écart avec la promesse d’être tenus au courant de l’évolution de tout le dossier à la fin de ces négociations. Le Maroc va à cette rencontre armé de bonne foi, mais aussi et surtout d’une proposition d’autonomie pour la région du Sahara qui constitue le plus apporté par le Royaume. Cette proposition a été saluée par la communauté internationale et soutenue par de nombreux pays qui y voient une base adéquate pour une solution d’un conflit qui n’a que trop duré. «Le Maroc va à ces négociations avec un «grand optimisme» pour «tourner la page», a déclaré Nabil Benabdallah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement à l’issue du dernier Conseil de gouvernement.
Dans une déclaration à l’AFP, samedi dernier, Chakib Benmoussa a indiqué que le Maroc tendait «une main fraternelle» au Polisario et à l’Algérie pour une solution définitive au conflit du Sahara. Pour le ministre de l’Intérieur et chef de la délégation marocxaine, ces négociations constituent «un moment historique et une chance pour la paix». 
La délégation marocaine, déjà sur place à New York, outre Chakib Benmoussa, comprend les ministres délégués Taeïb Fassi Fihri et Fouad Ali El Himma, en plus de Mohamed Yassine Mansouri, patron de la DGED, Khelli Henna Ould Errachid et Mostafa Sahel.
Du côté du Polisario, l’équipe des négociateurs est présidée par Ali Mahfoud Beiba, président du «Parlement» de la RASD. Sont également de la partie Brahim Ghali, ex-ministre de la Défense et représentant du Polisario à Madrid, Mohamed Khaddad, représentant des séparatistes à l’ONU, en plus de Bachir Sghir, directeur du cabinet de Mohamed Abdelaziz et homme chargé des relations avec Alger.
La délégation polisarienne comprend des responsables proches d’Alger et qui y figurent, entre autres, pour "cadrer" les négociations selon les directives de l’Algérie. Cette dernière a en effet montré beaucoup de fébrilité à l’approche de ces négociations. Elle craint que des Marocains, qui divergent sur le traitement à apporter au conflit, ne finissent par tomber d’accord sur une solution par le dialogue et la négociation.  La Mauritanie et l’Algérie seront présentes également lors de ces rencontres de New York. «Des entretiens directs ou de proximité avec les différentes parties constitueront une première étape du processus de négociations», avait souligné l’ONU, quelques jours avant la date de cette première prise de contact.

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