Maroc-UE : Le Parlement a-t-il un rôle à jouer ?

Maroc-UE :  Le Parlement a-t-il un rôle  à jouer ?

«On doit gérer ce problème dans la logique de gagnant-gagnant. De ce fait, il appartient donc à l’Union européenne de revoir sa manière de gérer ce dossier et tant d’autres, car elle risque d’être entraînée dans une aventure politique aux conséquences imprévisibles».

L’enlisement des relations entre le Maroc et l’UE remet à la surface le rôle des parlementaires dans la participation des efforts diplomatiques concernant l’affaire du Sahara marocain. «Le temps est venu pour que la diplomatie populaire joue un rôle plus important. Il ne faut pas oublier que des éléments du Polisario squattent littéralement le Parlement européen», affirme Mohamed Dadiâ, parlementaire à la deuxième Chambre.

Et de poursuivre: «Il ne faut pas oublier non plus le rôle joué par la propagande des séparatistes grâce à un financement des pétrodollars algériens dans le verdict prononcé par le tribunal européen au sujet de l’accord agricole entre le Royaume et l’Union européenne». Nezha El Ouafi, députée parlementaire à la première Chambre, appelle quant à elle, à profiter de cette «crise» pour relancer le partenariat entre les deux parties sur de nouvelles bases. «On doit gérer ce probleme dans la logique de gagnant-gagnant. De ce fait, il appartient donc à l’Union européenne de revoir sa manière de gérer ce dossier et tant d’autres, car elle risque d’être entraînée dans une aventure politique aux conséquences imprévisibles», explique-t-elle. Dadiâ affirme, de son côté, que la diplomatie parlementaire constitue une lacune pour le Maroc sur le dossier du Sahara. «Nous devons profiter des relations que nous avons avec des partis politiques dans l’UE.

C’est aussi une occasion pour pousser les groupes d’amitié parlementaires de jouer un rôle plus efficace sur ce volet. N’oublions pas qu’il s’agit d’un dossier d’une importance capitale qui doit rester loin de toute surenchère», déclare-t-il. En attendant que le Parlement marocain passe à la vitesse supérieure sur ce dossier, la situation est probablement en train de se débloquer. En tout cas, la visite de la chef de la diplomatie européenne vendredi dernier laisse présager un dénouement. Quelques jours après l’annonce par le Maroc de la suspension de ses contacts avec l’Union européenne, la haute représentante de l’UE pour les affaires extérieures et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a effectué une visite pour s’entretenir avec le chef de la diplomatie marocaine.

La responsable européenne a donc été mandatée pour désamorcer la crise qui se profilait avec l’un des partenaires importants de l’UE dans la rive sud de la Méditerranée. «L’Union européenne est convaincue que les accords avec le Maroc ne constituent pas une violation de la légalité internationale», a-t-elle affirmé dans un point de presse à l’issue de ses entretiens avec les responsables de la diplomatie marocaine. «Un pourvoi en appel a été introduit devant la Cour de justice de l’UE contre l’arrêt du 10 décembre 2015 du tribunal de première instance de l’UE relatif à l’accord agricole», a ajouté Mogherini affirmant avoir fourni les clarifications et les assurances nécessaires au cours du dialogue avec les autorités marocaines précisant que la décision a été prise au niveau de l’UE afin de travailler avec le Maroc en véritables partenaires sur ce dossier.

Concrètement, la responsable a fait savoir qu’une interaction et un dialogue réguliers, continus et transparents seront déployés à cette fin, a-t-elle souligné. Selon la haute représentante de l’UE pour les affaires extérieures et la politique de sécurité, le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères et de la coopération est attendu à Bruxelles avant la fin du mois de mars pour finaliser le contenu de cette interaction avec la partie européenne.

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