Médiateur : «L’administration m’a tué»!

Médiateur : «L’administration m’a tué»!

L’Institution du Médiateur aurait-elle besoin elle-même de médiation ? En tout cas, les responsables de l’Institution du Médiateur affichent leur colère contre une bonne partie de l’administration publique jugée le plus souvent très peu coopérative.

Alors que l’institution doit assurer la médiation entre les citoyens lésés et l’administration publique, un grand nombre de doléances, de recommandations et rapports transmis par le Médiateur reste lettre morte dans les tiroirs de beaucoup de ministères et autres établissements publics.

C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel du Médiateur. Face à cette situation, les responsables haussent le ton. «La mission d’une médiation est de détecter les dysfonctionnements mais lorsque ces dysfonctionnements sont répétés et repris par tous les rapports annuels, et continuent d’exister sans que le citoyen sente des efforts pour y remédier, cela devient la vraie question si ce n’est le vrai dysfonctionnement», affirment les responsables de l’institution.

La colère des dirigeants de cette institution atteint un tel niveau que le Médiateur demande aujourd’hui l’intervention des autorités compétentes. «Il existe des reproches concernant le traitement accordé par certaines administrations aux courriers et recommandations du Médiateur». Ce dernier va encore plus loin dans sa critique de l’administration publique et sa manière de travailler. «Les administrations se comportent comme des entités qui ne sont reliées par aucun lien», annonce-t-on auprès du Médiateur.

La liste des reproches est beaucoup trop longue, notamment l’entêtement de certaines administrations qui veulent passer absolument par la justice alors que d’autres préfèrent tout simplement «ignorer le rôle constitutionnel et légal de la médiation institutionnelle». Mais l’Institution du Médiateur n’est pas au bout de ses maux. Il existe encore un grand problème au niveau de la perception par le grand public des vraies missions de l’institution. Les chiffres sont édifiants. Sur les 9.837 doléances reçues en 2014, à peine 2.078 sont recevables.

Cela veut dire que pratiquement 80% des lettres reçues de la part des citoyens ont des objets tout à fait loin des prérogatives de l’institution. Celle-ci affirme recevoir même des demandes de médiation de la part de certains pour obtenir des agréments ! De leur côté, les doléances acceptables concernent souvent le ministère de l’intérieur, le ministère de l’économie et des finances ou encore le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle. Par région, la première place en termes de nombre de doléances revient aux habitants de la région de Casablanca Settat.

Ils sont suivis de la population de la région de Laâyoune puis la région de Tanger-Tétouan. S’agissant des recommandations, le Médiateur a insisté sur l’importance de l’exécution des jugements contre l’administration en dénonçant toute tentative d’entraver la mise en œuvre des verdicts. L’institution affirme que l’Etat doit prendre l’initiative dans l’exécution des jugements puisqu’il y va de sa crédibilité… Reste à savoir quel sera le sort de ces recommandations.

Le Médiateur compte poursuivre ses efforts pour la concrétisation de ses recommandations. «Un pari qu’il faut absolument gagner», selon l’institution.

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