Miloud Belkadi: «Ces partis sont condamnés à disparaître ou à fusionner»

Miloud Belkadi: «Ces partis sont condamnés à disparaître ou à fusionner»

   Trois questions à Miloud Belkadi, politologue

ALM : Quel rôle peuvent jouer les petits partis politiques au cours des prochaines élections législatives?

Miloud Belkadi  : Le Maroc, avec le gouvernement de Me Abderrahman El Youssoufi, a fait le choix de revoir les lois électorales. Parmi les nouveautés introduites à l’époque, il y a eu le seuil de représentativité fixé aujourd’hui à 6%. A la lumière des résultats des dernières élections législatives en 2011, nous constatons que huit partis politiques ont obtenu 82% des voix exprimées au cours de ce scrutin alors que les 24 autres formations politiques engagées dans ces élections se sont partagé 18% des voix. Ces chiffres doivent nous pousser aujourd’hui à se poser des questions sur les rôles de nombreux partis politiques qui seront dans l’avenir et à mon avis, condamnés à disparaître, à forger de nouvelles alliances politiques ou tout simplement fusionner avec d’autres partis.

Est-ce que les difficultés financières de nombreux partis politiques sont le résultat de leurs scores faibles dans les élections ?

La loi au Maroc fixe le seuil de représentativité à 6% alors que le seuil permettant de bénéficier des aides publiques est, lui, fixé à 5%. C’est pour cette raison que de nombreux partis se trouvent dans une situation catastrophique sur le plan financier. C’est la raison pour laquelle de nombreuses voix se lèvent aujourd’hui dans le milieu politique, appelant à la baisse de ces seuils ou, carrément, leur suppression.

Pensez-vous que cette revendication sera acceptée ?

Je ne pense pas que le gouvernement acceptera cette demande. Au contraire, la tendance actuelle montre bien que nous allons plutôt vers une hausse du seuil de représentativité. Je pense qu’il y a une orientation dans notre pays vers l’émergence de grands pôles politiques : droite, centre et gauche. Une émergence qui passe par une hausse du seuil bien évidemment. Il faut dire que nous faisons face aujourd’hui à un faux multipartisme. Si le nombre des partis politiques dans notre pays atteint les 32 formations, dans les faits et à l’occasion des élections par exemple, nous n’avons pas véritablement 32 projets politiques. C’est toute la société qui en est consciente actuellement. Pour preuve, le Maroc ne connaît plus la création de partis politiques en nombre comme ce fut le cas il y a des années.

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