Miloudi Moukharik: «Après avoir fini avec les élections, ils vont s’en prendre à nos retraites»

Miloudi Moukharik: «Après avoir fini avec les élections, ils vont s’en prendre à nos retraites»

ALM : Quelles sont vos premières remarques concernant le projet de loi de Finances ?
 

Miloudi Moukharik : Nous avons appris avec stupeur le contenu du projet de loi de Finances 2016 pour deux raisons. Tout d’abord sur le plan de la forme, le gouvernement a failli à son engagement de consulter les partenaires sociaux au cours de l’élaboration du projet de budget. Nous avions convenu avec l’Exécutif de nous réunir afin de nous mettre d’accord sur les grandes orientations du projet de loi de Finances, chose qui n’a pas été faite. Ensuite et sur le fond, nous avons une revendication phare concernant l’amélioration du revenu des salariés et des fonctionnaires par un ajustement de l’impôt sur le revenu (IR). Or, le projet de loi de Finances ignore cette revendication légitime pour de larges couches au sein de la société marocaine.
 
Par quoi justifiez-vous cette revendication ?

Nous avons dans notre pays une classe sociale qui paie continuellement ses impôts calculés souvent sur la base de taux élevés. Inutile de rappeler qu’il y a également d’autres classes socioprofessionnelles qui paient des impôts à des taux beaucoup moins importants sans parler de l’évasion fiscale. La révision du IR pour les salariés est une demande tout à fait légitime mais le gouvernement n’a malheureusement pas pris en considération cette revendication.

Le gouvernement compte accélérer le processus de la réforme de retraite. Qu’en pensez-vous ?

Je me demande si les responsables veulent s’en prendre à nos retraites après la fin de la bataille électorale. De toutes les manières, nous avons à l’UMT une position constante concernant la réforme des régimes de la retraite.

Nous sommes bien évidemment pour la réforme de la Caisse marocaine de retraite mais nous rejetons les mesures paramétriques proposées par le gouvernement. L’option du rallongement du départ à la retraite doit rester facultative pour les fonctionnaires. De même, la hausse des cotisations doit être effectuée sur la base du principe de deux tiers à la charge de l’Etat employeur et un tiers supporté par le fonctionnaire.

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