Mostapha Ramid : «Ne pas utiliser les mosquées à des fins électorales»

Mostapha Ramid : «Ne pas utiliser les mosquées à des fins électorales»

ALM : Le ministère des Habous et des Affaires islamiques vient de diffuser une circulaire obligeant les imams qui voudraient se présenter aux élections de s’abstenir de prêcher. Que pensez-vous de cette décision ?
Mostapha Ramid : Je trouve cette décision très pertinente, car les mosquées sont un lieu où les musulmans doivent s’acquitter de leurs devoirs envers Dieu et s’abstenir d’utiliser la mosquée à des fins politiques, à plus forte raison électorale. Les musulmans, quelles que soient leurs convictions politiques, doivent y trouver des prêcheurs qui ne font pas des discours partisans étroits. Le seul langage qui doit prévaloir dans les mosquées est celui de l’Islam, lequel unit, alors que la politique divise. Celui qui veut faire de la politique au nom d’un parti quelconque est appelé à laisser la tribune au profit d’un autre. Cela dit, je trouve insuffisante la durée d’un mois fixée par le ministère de tutelle pour que les prêcheurs désireux de se présenter au scrutin s’abstiennent de faire de la prédication. Il faut, sinon un semestre, du moins trois mois avant ce scrutin. Les prêcheurs candidats doivent dès ce mois de juin abandonner leur activité dans les mosquées.

Le Parti de la justice et développement (PJD) avait annoncé en 2002 avoir interdit à ses prêcheurs de se présenter aux élections. Cette décision est-elle toujours maintenue ?
Déjà lors des législatives de 2002, le PJD n’a présenté aucun de ses prêcheurs. Aujourd’hui, nous respectons cet engagement. On ne peut demander aux médias publics d’observer la neutralité dans les élections et ne pas faire de même en ce qui concerne les mosquées. Dieu merci, cette demande est devenue une réalité.

Le PJD compte toutefois parmi ses rangs des politiques qui sont en même temps des prêcheurs, tel que Amine Boukhobza. Que répondez-vous à ce constat ?
Amine Boukhobza a été, il est vrai, un prêcheur dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Mais, à partir de 2000, il ne l’est plus. Lors des législatives de 2002, le PJD n’a présenté aucun candidat prêcheur. Cela dit, un prêcheur peut se présenter aux élections, à condition qu’il s’abstienne de prêcher à l’approche des élections. Plus encore, il n’est pas interdit au prêcheur de traiter du sujet des élections sous réserve de ne pas le faire dans une optique partisane propagandiste. Il peut, par exemple, demander aux gens d’éviter de « vendre » leurs voix, mettre en garde contre la fraude électorale … C’est d’autant plus utile qu’il s’agit, dans le cas échéant, de moraliser l’opération électorale.

Le PJD avait été critiqué en 2002 d’avoir utilisé les mosquées à des fins électorales. Qu’en est-il exactement ?
Ce n’est pas vrai, nous avons toujours été contre l’exploitation des mosquées à des fins partisanes et électorales. Il est vrai qu’en 1997, nous n’avons pas pris cette donne en considération, mais nous nous sommes rendus conscients que les mosquées doivent se limiter à leur vocation originelle de lieux de culte et de recueillement.

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